Je fais semblant d’être heureux

Comme vous le savez, si vous lisez le blog depuis un petit moment, j'ai écrit un livre pratique dont le titre est "J'ai décidé d'être heureux/se" et, cela m'a donné l'opportunité et le bonheur de rencontrer de nouvelles personnes en quête de bonheur. Et, j'ai trouvé cela génial.
Mais, vous vous en doutez, je n'écris pas un article rien que pour cela.

Lors d'une des séances de dédicace, j'ai rencontré un homme en particulier. Un homme un peu spécial. Nous sommes tous spéciaux. Mais, lui m'a interpellé.

Il s'est présenté à moi et après de brèves présentations, il m'a dit, avec un aplomb incroyable et un grand sourire, ceci :

"Je fais semblant d'être heureux. Comme cela les gens ne s'apitoient pas sur mon sort. J'ai horreur de la pitié."

Rien n'aurait pu être plus déstabilisant.
Ce bel homme, souriant et propre sur lui, m'expliqua alors, avec un détachement émotionnel improbable qu'il était plus malheureux que les pierres mais qu'il préférait vivre et porter cela seul.
Puis, il me dit qu'il n'est pas possible d'être heureux en ce monde. Car le monde est terrible, cruel, immoral, destructeur... mais qu'il n'est pas politiquement correct d'être malheureux.

En réponse, aujourd'hui, je me lance en terrain épineux. La première étape étant que, de manière concise, je puisse vous exposer ce qui s'est joué de longues minutes durant.

Cela a commencé par un faux sujet de surface pour éviter de parler du fond du problème.

"C'était mieux avant !"

Cette idée est juste une illusion insignifiante et non avérée. On appelle cela un sujet bateau pour botter en touche. Et pour cause ! Avec un peu de réflexion, au Moyen-âge, vous pouviez mourir d'une micro coupure au doigt, à cause du tétanos.

"Il y avait moins de violence ! Vous avez vu de nos jours, on ne voit que des atrocités aux informations !"

Oui, sauf, qu'avant, n'importe qui pouvait vous tuer à la moindre contrariété au coin d'une rue. Et, de nos jours, le moindre drame circule en boucle aux dans les media. Alors qu'avant, on n'avait vent que de ce qui se passait dans le canton. Du coup, il y a quantitativement moins de drames, mais ils prennent tout de suite plus d'ampleur, plus de visibilité et d'importance. Moi, je n'ai plus de télévision et je vis beaucoup mieux ainsi.

"Avant la vie coûtait moins cher"

Heu... en vérité, pour acheter une voiture, il fallait économiser pendant des années et rares étaient ceux qui en avait une. Même un cheval avait un coût trop élevé. Alors on marchait et c'était bon pour le dos.
Aujourd'hui presque tous les foyers ont une voiture. Ici, dans les Alpes-maritimes, il y en a même plutôt deux ou trois !

Souhaitez-vous que je vous parle du coût de l'électroménager, de la télévision, des smartphones, tablettes... La différence, c'est que les gens se contentaient de moins et ils partageaient. Pas d'ordinateur, pas de TV, pas de smartphone, pas autant de vêtements...

Si vous retourniez au mode de vie d'avant, aujourd'hui, vous vivriez différemment et cela vous coûterait moins cher ! C'est une question de choix de vie. On y vient d'ailleurs, à la décroissance, au partage, au collaboratif. Pourquoi acheter une perceuse ? Je ne n'en sert qu'une fois par an. Juste pour ne pas avoir à demander à un proche de m'en prêter une ? C'est absurde. C'était l'occasion de le voir. Les relations sociales dans le réel sont en chute libre.

Il faut vivre avec son temps.

Le temps est votre trésorOui, c'est vrai... ou pas. Mais, pour autant, il n'est pas utile d'acheter n'importe quoi n'importe comment. Ni copier n'importe quoi, n'importe comment. Ce n'est pas parce que tout le monde à une smartwatch que vous êtes obligé(e)s de dépenser une somme faramineuse pour être à la dernière mode technologique ! Plus n'est pas toujours mieux et votre ego n'en aura de toutes façons jamais assez

Pourquoi ne pas choisir la sobriété heureuse ? Dans la vie tout est une question de choix. Or, les choix que nous faisons, il faut les assumer, ne pas s'en plaindre. Prenez vos responsabilités.

Etre heureux cela demande trop de choses !

Non, être heureux consiste, entre autres, mais avant tout, à vivre pleinement le moment présent. Ainsi, vous pouvez apprécier l'émerveillement que peut vous apporter chaque instant. Vous ré-apprenez à découvrir les petits bonheurs qui peuvent ainsi devenir immenses. C'est avec des gouttes d'eau qu'on fait l'océan et c'est avec des instants de bonheur et d'émerveillement qu'on devient heureux.

J'ai compris cela à force de séjourner de façon hostile, répétitive et imprévue à l'hôpital. Puis, à nouveau en faisant le pèlerinage vers St Jacques de Compostelle. J'ai ainsi pu re-découvrir le bonheur de prendre une douche. Une simple douche ! C'est délicieux !
Et pouvoir enfiler des vêtements propres ? Vous voulez que je vous en parle ? C'est incroyablement agréable.

Nous sommes tellement habitués à notre confort que nous ne nous en rendons même plus compte. L'habitude et la routine nous tuent à petit feu. Elles nous rendent aigris et nous poussent dans l'inertie, dans l'involution. Nous nous laissons engloutir dans les sables mouvants de notre décomposition, de notre putréfaction par peur de l'inconfort. Or, le confort, on ne peut l'appréhender qu'après une période d'inconfort.

Prenez le temps de vous reconnecter à vos vrais besoins ! Autorisez-vous à prendre soin de vous.

J'ai horreur de la pitié

J'ai parfaitement compris cet homme. Il m'a profondément touchée car j'avais expérimenté la même chose que lui. J'avais été amenée par les circonstances de la vie à parler de la situation de mon fils qui semblait dramatique; et qui l'était si on adopte un certain angle de vue.

Pourtant, j'avais choisi de le vivre autrement. Il allait bien entre chaque opération et lui ne se plaignait pas. Il était très joyeux, heureux... il kiffait sa life !
Et je tenais à vivre cette expérience dans la même vibration que lui.
Je ne voulais pas que les gens s'apitoient ni sur le sort de mon fils ni sur le mien. Nous n'étions pas à plaindre. Il acceptait son plan d'incarnation et moi aussi. Nous étions forts ensemble. Alors, la pitié, j'en voulais encore moins ! Je pouvais comprendre cet homme.

"Je fais semblant d'être heureux"

Ce qui nous différenciait, c'est qu'il faisait semblant d'être heureux. Et nous, nous étions heureux durant toute cette succession d'instant-présent émerveillants. Et, des moments de bonheur, il y en avait bien plus que des moments de tristesse ou de souffrance.
Le reste du temps, nous faisions que ce nous avions à faire. Nous assumions. Nous tenions la barre sans faillir (autant qu'il était possible de le faire) avec l'énergie du coeur.

Nous ne faisions pas semblant.

Nous ne faisions rien, nous étions.

Cet homme lui faisait semblant d'être heureux, pour ne pas gêner, pour ne pas qu'on le voit, ni être montré du doigt par pitié. Mais, en faisant cela, il nourrissait son malheur. Il s'empêchait d'être considéré.

Il faisait semblant. Il portait un masque. Il jouait un rôle. Il souffrait en silence de l'intérieur. Et, son silence amplifiait le drame de sa vie et générant chez lui sa maladie. Tout ce qui ne se dit pas s'imprime. Sa chair, son corps était imprimé de son malheur, de sa tristesse. Mais, il portait même plus qu'un masque il avait développé un faux-self car il avait besoin que les gens le considèrent. Car, par sa stratégie, il s'empêchait de se considérer tel qu'il était vraiment.

Il était un dépendant affectif social. Il était dépendant du regard des autres. Il n'aimait que le reflet que les autres, l'extérieur, lui donnaient de lui-même.
Il aimait l'homme heureux dont les autres lui donnaient le reflet. Sauf, qu'en son fort-intérieur, il savait pertinemment qu'il s'agissait d'une supercherie, d'un mensonge. Et, cela le rendait malade et malheureux.

Pour en sortir, il lui fallait déconstruire tout ce château de cartes qu'il avait monté pièce par pièce. Mais, cela lui faisait peur. Pour cela, il lui fallait affronter son démon.
Comment sortir de son mensonge sans être éclaboussé ?
Qu'est-ce que les gens allaient en penser ?
Il pensait ne pas avoir la force de le faire...
Pourtant même si cela semble énorme, il lui suffit de donner l'impulsion de la volonté, de maintenir ce choix avec constance et de laisser faire l'homéostasie de la Vie (capacité de la Vie à retourner à l'équilibre harmonieux).

Grâce au miracle qu'est la vie, un micro changement suffit à la transformer. C'est le merveilleux effet papillon.

Soyez libre de partager votre expérience, poser vos questions... en utilisant le module de commentaire. Je vous souhaite une belle semaine.

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