L’héritage des prénoms est parfois lourd à porter

L’héritage des prénoms est parfois lourd à porter

matriceIl est d’usage dans certaines familles de transmettre les mêmes prénoms de génération en génération. Or, en faisant cela, la personne hérite du prénom et également des « dossiers » familiaux et des « dettes » familiales de la personne.

« C’est toujours du passé qu’est issu le choix du prénom, il en porte la marque, le destin et le lest»  - R. Gori, Y. Poinso, dans Nom prénom et vérité. Essai d’anthropologie

Par ailleurs, des cousins germains ayant hérité de prénoms d’ancêtres peuvent se retrouver à créer un inceste généalogique. Par exemple, lorsque la femme a hérité du prénom de l’arrière arrière grand-mère et que le mari a hérité de celui du frère de l’arrière arrière grand-mère. Ou encore que la femme a hérité du prénom de l’arrière arrière grand-mère et que le mari a hérité de celui d’un des fils de l’arrière arrière grand-mère. Il en résulte alors de maux et des malheurs familiaux (suicide, autisme, psychose…).

L’enfant de remplacement

Il a été observé d’étranges processus notamment dans le contexte ou deux personnes portent le même nom et le même prénom.

Un cas remarquable est celui de Van Gogh. « Un exemple des plus saisissant est celui du peintre Vincent Van Gogh, né le 30 mars 1852, un an jour pour jour après la mort d’un autre Vincent, son petit frère aîné, dont la famille ne voulait pas parler – mais dont il reçoit nom pour nom le prénom double Vincent-Wilhelm. Vincent Van Gogh a eu une vie tragique comme si, quelque part, il lui interdit d’exister. Son « frère paternel », Théo, auquel il était très lié et qui a été pour lui un frère bien aimant, se marie, a un enfant à qui il donne le nom de Vincent-Wilhelm, par amour justement pour son frère. Il écrit plusieurs mois après à son frère en parlant de son fils : « J’espère que ce Vincent-ci vivra et pourra se réaliser » Et au reçu de cette lettre, Vincent Van Gogh se suicide. Comme si, pour lui, il ne pouvait pas y avoir deux Vincent Van Gogh vivant en même temps. Comme si son frère lui avait pointé l’incompatibilité de la co-présence. »

Anne Ancelin Schützenberger dans « Aïe, mes aïeux !« 

Anne Ancelin Schützenberger présente ici une des raisons présumées du suicide de Van Gogh.

L’inceste généalogique

vieux-portail-cadenasCertains disent que les secrets sont ignorés de tous sauf des enfants et des chiens de la famille. Ainsi, les enfants rachètent les dettes familiales en endossant des maladies parfois lourdes.

L’inceste généalogique n’est d’ailleurs pas que sexuel comme l’avançait Freud. Il peut simplement se refléter dans la question de qui vit sous le toit de qui ou avec qui.

Des symptômes peuvent survenir quand, par exemple : Quand la jeune Madame Dupont (son nom de femme mariée) se retrouve contrainte à accueillir sous le toit conjugal, la vieille madame Dupont (sa belle-mère).

Ce peut également être le cas, lorsque deux soeurs épousent deux frères, ou dans le cas de mariages croisés dans des familles portant de nom « courant » une génération de Dupont se marient avec des Martin, et dans la même génération des Martin se marient avec des Dupont. On finit par ne plus savoir qui est Mme Dupont et M. Martin et le mélange génère là encore un inceste généalogique.

pendulum-reflet-visionLe Dr Didier Dumas, va même plus loin, pour accompagner un de ses clients, il a eu recours à l’analyse de sa généalogie. Remontant plusieurs générations dans sa lignée maternelle, il découvre que ses deux arrière-grands-pères se sont suicidés, au sortir de la guerre de 1914, par pendaison. Survivants du carnage, les deux hommes ont retrouvé leurs épouses, deux sœurs qui par commodité avaient choisi de s’installer ensemble, comme «mariées» l’une à l’autre, unies par le même rejet de l’homme. Devenus des charges, tous deux ont fini par se suicider. Selon le Dr Dumas, l’autisme «est le résultat d’un inceste généalogiste». Pour lui, la psychose pose un problème qui concerne chacun d’entre-nous :

«A ceux qui ne comprennent pas ce que viennent faire les psychotiques sur terre, je réponds qu’ils sont en tout cas là pour nous enseigner ce que nous méconnaissons de nos transmissions mentales et spirituelles. Ce sont eux qui m’ont, les premiers, mis le doigt sur la réalité incontournable des transmissions généalogiques dans la vie mentale de tout individu. Les enfants psychotiques expriment ou racontent des choses qu’à priori, personne ne comprend. Or, lorsqu’on écoute sérieusement, on s’aperçoit qu’en fait ils explorent le passé familial qui a fait d’eux ce qu’ils sont […] Les autistes dénoncent, par leur existence, des silences mensongers, Ils assument sans que personne ne s’en rende compte dans la famille, tout ce que les autres ne peuvent ni penser ni dire […] La psychose est donc, sous cet angle, un destin de descendant sacrificiel, une preuve, s’il en est besoin d’une, que ce que j’appelle le cannibalisme familial existe bel et bien».

Pour allez plus loin dans le transgénérationnel

wallpaper-830417Il existe bien d’autres cas, comme les enfants de remplacement

Pour aller plus loin, je vous conseille le très bon livre de Anne Ancelin Schützenberger:

Aïe, mes aïeux ! : Liens transgénérationnels, secrets de famille, syndrome d’anniversaire, transmission des traumatismes et pratique du génosociogramme

La psychogénéalogie est ancienne et a intéressé de nombreux psychologue et professionnels de la relation d’aide de renommée internationale. Le sujet de la remise a plat des dettes familiales se retrouvent également dans d’autres pratiques curatives ancestrales telles que le chamanisme, la guérison « miraculeuse »….

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A bientôt

7 réponses to “L’héritage des prénoms est parfois lourd à porter

  • Article très intéressant et plein de bon sens ; c’est quoi déjà les prénoms de Swann et Rudy que je présage un peu du poids de leur héritage ?
    Merci Bisou

  • Vrai mais pas toujours, heureusement 😉
    Ainsi, je connais un homme qui a hérité du nom de son grand frère, décédé en bas âge, qui a bien réussi sa vie, et équilibré, en excellente santé, etc.

    • Merci de ton message de témoignage.
      Il y a de nombreux paramètre à prendre en compte. Notamment les concordances éventuelles dans les dates de naissance et surtout la part de verbalisation et/ou de secret (cf. http://coach-ngo.com/osez-reveler-vos-secrets-de-famille-guerir/).
      Le fait même de mettre le doigt sur et de conscientiser la répétition permet de l’annuler. Reconnaitre et verbaliser la répétition suffit à libérer la charge de l’héritage. C’est exactement ce qui se fait lors des processus de prise en charge en psychogénéalogie ou en thérapie transgénérationnelle. On établit et on étudie l’arbre généalogique. Puis, on recherche l’élément qui se répète (date, age, prénom, positionnement,… ), c’est-à-dire l’élément déclencheur du symptôme. Puis on le dissout en levant le voile.
      Ainsi, ce n’est heureusement pas une fatalité. La fatalité se cache dans le secret, le déni ou l’oubli.

      Après, il y a la part de l’égrégore qui contient une énergie spécifique.

      • Dans l’exemple ci-dessus, il s’agit d’un secret sur lequel on a mis le doigt il y a seulement 11 ans, soit plus de 50 ans après.

        Sinon, bienheureusement, face à la fatalité de la répétition, lorsqu’on ne peut avoir de réponse (et tout le monde n’en veut pas forcément) la thérapie brève est là pour résoudre bon nombre de problèmes comportementaux.

        • Il est clair, qu’il ne faut jamais omettre que chaque cas est unique. Tout est possible et son contraire également. Dans certains cas, une technique thérapeutique suffit, pour un autre cas similaire non, ou bien, le bénéfice sera temporaire. Les raisons sont parfois impalpables. Mais ce qui est important, c’est de reconnaître l’unicité de chaque patient/client dans tous les cas de figure.

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