Lorsque l’inspiration n’est pas là…

Ah ! L’inspiration quel courant merveilleux !
Quoi de plus beau et de plus enivrant de légèreté que l’inspiration ?
Elle nous porte et nous emporte, ouvrant un champ de tous les possibles à cueillir, à recueillir ou à créer.

L'ange de l'inspiration

Mais lorsque l’inspiration n’est pas au rendez-vous, les choses se corsent.

Voici des années que toutes les semaines, puis plusieurs fois par mois, l’inspiration m’a permis de créer, écrire et publier des articles et aussi d’autres formes de partage. Cela n’a pas toujours été simple ou évident, il faut l’avouer.

Au départ, la récurrence avait été définie en conscience. Et, elle avait alors été définie comme incontournable pour moi de m’y tenir. Pourtant, la seule obligation réelle n’existait qu’entre moi et moi-même. C’était un engagement pris pour me donner une forme de tempo, un rythme hebdomadaire.

Globalement, l’inspiration était toujours au rendez-vous.

Parfois plus docile, plus limpide ou plus volatile que d’autres. Il fallait souvent prendre le temps de l’apprivoiser pour la laisser descendre à son rythme pour qu’elle accepte de se révéler. De nombreuses fois, ce processus n’a pas été nécessaire car tout coulait de source.

Mais voilà déjà quelques semaines, qu’elle se fait plus discrète, moins présente, moins perceptible. Et il me semble juste aujourd’hui de vous partager ce qui est présent pour moi et ce que j’observe actuellement en lien avec l’inspiration ; un témoignage de ce qui se joue entre nous dans cette relation imspiration-inspirée.

Là où nous en sommes elle et moi, ces dernières semaines, je ne peux même pas prétendre que nous jouons à cache-cache ou à attrape-moi si tu peux. Pour cela, il faudrait au minima qu’elle se laisse entrevoir de temps en temps. Or, ces derniers temps, elle est juste ailleurs.

Que faire lorsque l’inspiration n’est au rendez-vous ?

Tous les jours, l’inspiration nous aide. Elle est une compagne intime de la créativité. Il n’est pas nécessaire d’avoir à écrire des articles pour faire appel à sa collaboration ou son aide.

Pour cuisiner, danser, échanger verbalement, élaborer un projet, construire, concevoir, réaliser, … et même jouer.

Si je retourne aux débuts de ma carrière professionnelle… il y a plus de 20 ans ! 😱 Je me souviens m’être confrontée à la difficulté de me relier, à un moment donné à l’inspiration et à la créativité. La cause que j’avais identifiée à ce moment-là était l’enfermement et l’immobilité.

En effet, comme j’étais tenue d’être présente à mon bureau à des horaires fixes, il m’était difficile de pouvoir être libre de mes mouvements pour rencontrer ou découvrir de nouvelles sources d’inspiration inattendues au détour d’un chemin.

C’est à ce moment-là, que je me suis rendue compte que pour ce qui me concerne, la créativité et l’inspiration venaient et se nourrissaient de ce que je pouvais observer, accueillir, rencontrer, découvrir, imaginer dans mon quotidien, à travers de nouvelles rencontres et de nouveaux espaces.

Ainsi, lorsque l’inspiration se fait désirer, au lieu de l’attendre, une des possibilités que je m’offre désormais est de changer d’espace, changer de lieu, changer d’environnement. Bref bouger ou me mettre en mouvement. Car si elle n’est pas là où je me trouve, elle est probablement ailleurs !

Et si je ne la rencontre pas dans ces nouveaux espaces ?

Alors, il est possible que la source du problème soit ailleurs. En tout cas, c’est la déduction qui me semble naturelle. Ou peut-être n’est-ce tout simplement pas un problème d’espace mais plutôt un manque de disponibilité.

J’ai plusieurs fois observer cela. Si la fatigue, le stress, les préoccupations, la maladie… se sont invités dans mon quotidien et dans ma maison, je suis en difficulté.

Ces invités-surprise et indésirables me sollicitent alors constamment et m’encombrent de telle sorte que je ne parviens plus à être disponible et il ne m’est pas possible d’accueillir ma VIP préférée : l’inspiration.

Alors, il faut croire que ce n’est pas pour rien qu’il existe des retraites d’artistes. 🙃 Cela répond au besoin d’être dans un lieu où les conditions de disponibilités de l’artiste sont optimisées. Ainsi, durant ces retraites, le quotidien et l’intendance sont gérés par d’autres. Et les invités inopportuns et indésirables pourront être tenus à distance… si tout se déroule comme prévu et souhaité. Il ne reste plus à l’artiste que de créer.

Et si la page blanche persiste ?

Là, les choses se corsent.
Ou pas, parfois, il faut simplement attendre que « ça descende », que « ça vienne »…

ok mais de quoi parle-t-on ? C’est quoi ce “ça”?

Hé bien l’inspiration justement !

Tout à l’heure, je parlais de source. Mais, l’inspiration a-t-elle une seule et unique source ?
Chacun aura sa réponse.

Je vais donc faire l’hypothèse qu’il existe plusieurs sources ou peut-être une qui se décline à différents endroits. Dans ce cas, il est possible que nous nous abreuvions à une source de départ. Mais qu’à un moment donné, au fil de la vie, en cheminant et compte tenu de nos changements existentiels, nous changions d’espace en même temps que notre conscience évolue.

Avec ce mouvement, ce déplacement, nous nous retrouverions dans un espace au sein duquel notre ancienne source n’est désormais plus accessible. Il nous faut alors en trouver une autre. Parfois, celle-ci se laisse trouver facilement.

D’autres fois, sa découverte demande des investigations plus poussées. Certaines fois, nous la trouvons rapidement. Mais il arrive que nous devions lancer de plus longues investigations. Qui se révèlent parfois infructueuses…

Il est aussi possible que dans certains espaces, ce ne soit pas dans notre pouvoir de trouver la source. Peut-être est-ce elle qui choisit de se révéler à nous si nous, de se laisser trouver. Sous réserve que nous lui montrions les bons éléments pour lui plaire tout artifice mis de côté.

Dans ce dernier cas, comment faire si nous avons un délai imparti et qu’elle se révèle difficile à trouver ?

Tout le problème de notre mode de fonctionnement sociétal se pose là.
La première question à se poser est : en fonction de quoi mon délai a-t-il été défini ? Est-il possible de le redéfinir ?
Si oui, dans quelle mesure est-il concrètement et raisonnablement décalable ?
Si non, quel est le risque si je ne peux pas rencontrer ce délai ? Est-il plus adapté de rendre un contenu de mauvaise qualité, de ne rendre rien du tout, de faire appel à un ami ou d’envisager autre option ?

Parfois, nous avons des délais de confort ou de conformisme qui ne se rattache à rien de réellement important.

Mais, si nous avons un discours à offrir lors d’un évènement, nous ne pourrons pas le décaler. Néanmoins peut-être pouvons-nous envisager de demander de l’aide.

Parfois, c’est simplement que nous ne sommes pas partis dans la bonne direction. Ou qu’un élément conscient ou inconscient nous bloque.

Je l’ai observé à plusieurs reprises en ce qui me concerne. Je souhaitais écrire sur un thème mais c’était laborieux. Des idées se présentaient de manière décousue, sans liant, sans fil rouge. L’inspiration ne venait pas alors je me débattais avec toutes mes idées sans que cela puisse prendre forme.

Lorsque l’absence se confirme, le lâcher-prise est une douce délivrance

Jusqu’au moment où je décidais de lâcher-prise car ce n’était probablement pas encore le moment de parler de ce thème. Les éléments étaient trop verts. Ils n’étaient pas encore murs.

Accepter de lâcher-prise est souvent source de grandes bénédictions.
Dès lors, en acceptant de lui laisser faire son oeuvre, nous pouvons ouvrir en nous un espace immaculé de réceptivité, loin de tout calcul, de tout rapport de force, d’ambition… etc…

Et alors ! C’est la révélation !
L’inspiration est au rendez-vous et tout coule de source. Il suffit alors de coucher sur l’écran ou le papier ce qui se présente à nous.

Quand vous souhaitez accueillir une invitée de valeur très sollicitée. Vous ne lui imposez pas de venir en ayant revêtu une apparence choisie par vous, ni n’exigez de choisir de quelle manière elle doit venir.

Oh ! Madame l’inspiration, nous serions tellement heureux de vous accueillir ! Venez donc mercredi mais uniquement entre 10h30 et 10h45 car je suis très demandée. J’exige que vous veniez vêtue d’une armure de tungsten bleue indigo vieillie. Par contre, il vous faut venir à cloche pied et sans faire de bruit.

Cela vous semble absurde ?
Alors arrêtons de vouloir imposer nos choix dans toutes circonstances.

Laissons l’inspiration venir à nous comme elle le souhaite, telle qu’elle est et telle qu’elle se présente à nous dans le moment présent. Et pour que cela puisse advenir, préparons lui un espace propre et vierge pour que nous soyons en mesure de l’accueillir quelle que soit la forme qu’elle souhaite prendre.

Ainsi, si je résume en quelques mots tout cela. Pour pouvoir accueillir l’inspiration dans les meilleures conditions, ouvrons un espace vierge pour pouvoir y ouvrir le réceptacle de notre réceptivité en offrande pour l’y accueillir.

Cet article est le résultat de ce choix.

Je vous souhaite de belles rencontres inspirées.

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