Quand le futile devient une aide à la survie

Préparation esthétiqueEn décembre 2015, je vous proposais de miser sur l’utile plutôt que le futile, mais c’était pour un Noël plus responsable… Parfois, le futile devient une aide à la survie, une stratégie indispensable qui peut s’allier à l’utile.

Dans les moments de crises vitales, quand notre univers, notre monde s’effondre, les moindres détails ont leur importance. Car l’équilibre précaire qui nous tient a besoin de renfort. La moindre paillette peut transformer notre journée. L’effet papillon a tout son sens car, alors, un battement d’aile suffirait à nous renverser.

Ces moments de crises insurmontables devront pourtant être dépassés.

Il en va de notre vie, de notre survie et de celles de nos proches qui peuvent vite devenir des dommages collatéraux. Dans ces instants critiques pourtant, l’humain est capable de faire émerger des ressources insoupçonnées mais en contre-partie, il a besoin de quelques étincelles.

C’est ici que le futile devient indispensable.

Oui, j’avoue que les deux mots semblent opposés et pourtant ! Quand l’intégrité de votre être est touché. Quand vous êtes terrassé(e)…
Il est urgent de retrouver, ne serait-ce qu’une poussière de, folie, douceur, plaisir, détente,… même si ces mots semblent alors être des concepts irréels. Un sourire d’enfant suffit parfois à illuminer votre journée car par mimétisme vous allez sourire ou simplement parce que cela fait des semaines que vous n’en avez pas vu.

Chez moi le futile ça se passe au niveau des cheveux

Je me souviendrai toujours, le jour où j’ai su que mon nouveau-né allait enfin sortir de Lenval, après trop de mois en réanimation et d’opérations pour son jeune âge qui se comptait en mois sur une seule main.
Ce jour-là, j’ai eu besoin de me reconnecter à la vie. Parce que clairement, je ne vivais plus, je survivais en lien avec lui, en symbiose avec son rythme et ses jeunes habitudes. Nous survivions ensemble. Son combat était le mien.

Quand j’ai su que la vie allait recommencer, j’ai eu l’envie irrésistible d’aller chez le coiffeur. Je crois que son père n’a toujours pas compris pourquoi j’ai fait ça. Mon rapport avec mes cheveux est très particulier. Ils ont un lien avec ma capacité à faire front, à aller au combat et avec mon amplitude de liberté.

Ce jour-là, je n’aurais pas pu couper le fil d’avec cette expérience d’enfermement, de cloître, de soumission,… sans aller faire couper et colorer mes cheveux. Au début, j’ai un peu culpabilisé mais ça n’a pas duré car j’en avais besoin. Cela m’était incontournable symboliquement et nécessaire pour me ressourcer… pour recréer un lien avec ma capacité à re-prendre soin de moi pour pouvoir vivre à nouveau. Alors que pendant tous ces mois je n’ai fait qu’exister.

En sortant de là, j’étais à nouveau remplie d’énergie et prête à relever les défis des nouvelles étapes qui allaient arriver.
J’avais choisi de faire un tie & die rouge et orangé. On aurait cru que mes cheveux étaient du feu. Et c’est bien de cela dont j’avais besoin : de retrouver ma source d’énergie. La mienne c’est le feu. Rallumer la flamme pour retourner donner vie au foyer, mon foyer qui allait à nouveau être recomposé, entier.

Comment faire avec le cancer ?

Depuis, cette période-là de ma vie est bien loin. Mais, je côtoie tellement de personnes touchées par le cancer… Alors oui, c’est vrai, je n’ai pas eu de cancer. Mais j’ai côtoyé la maladie et les aléas de ALD.
En dehors de tout le processus qui se passe derrière la manifestation du cancer (que je ne développerai pas ici) je m’interroge sur comment je pourrais réagir si demain, je venais à perdre mes cheveux… dans ce contexte.

Et, la vie est faite de coïncidences ! Voici que j’ai la visite d’une dame, Muriel, qui a justement imaginé des coiffes et franges (www.orbelle.fr – www.facebook.com/Orbelle) pour continuer à prendre soin de Soi dans ces moments difficiles. Elle sait à quel point c’est utile et pas juste futile. Elle est passée par là. Elle a goûté à l’importance de prendre soin de l’apparence extérieure, autant que faire se peut, pour redonner de la force à l’intérieur. La beauté est force de vie.

A Grasse, voici des années que des personnes se sont penchées sur la question et un centre CEW (Cosmetic Executive Women) – offre des soins esthétiques gratuits, depuis plus de 5 ans, aux personnes qui souffrent d’un cancer à l’hôpital de Grasse. Justement parce que dans c’es cas-là, le futile, l’esthétique permet de nous relier à notre humanité, à nos besoins liés à l’acceptation et l’appartenance au groupe… entre autre.
Pour soutenir cette initiative, le 14 mai, venez participer à « une rose, une caresse »

 

Je vous invite à partager vos bonnes adresses, initiatives, ressources… pour aider les personnes en difficulté suite à la maladie. Postez un commentaire !

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