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Aider un enfant précoce à retrouver le calme

ZebreL’enfant précoce, surdoué, à haut potentiel, TDAH, atteint de surdon, a un défi de naissance à surmonter bien avant d’atteindre l’age adulte : Apprendre à trouver le calme et s’accepter tel qu’il est.

Cet article fait partie d’un sujet que j’aborde au fil du temps car je suis très concernée par ce sujet. Les enfants précoces, dans ma famille, on connaît ! Ce sujet est une problématique héréditaire dans ce qui nous concerne.

Face à l’arrivée de cet enfant hors normes, il y a deux types de réactions parentales :
– Les parents hyper fiers de vous annoncer que leur enfant est précoce.
– Les parents qui le présentent ce surdon comme une problématique.

Je me souviens d’un jour où je retrouvais une amie du collège et lycée, par hasard dans Lenval. Même si le moment n’était pas le plus heureux de ma vie, je prenais le temps de partager un peu de temps avec elle pour parler des changements de nos vies respectives. Je lui ai, à ce moment-là, parlé de mon fils cadet qu’elle connaissait pour l’avoir croisé (malheureusement au bloc) et de mon fils aîné qui souffrait de précocité. Je me souviens la voir sourire et rire en disant : « Dis donc, tu m’annonces ça comme si c’était une tare !« 

Si j’en parle sans m’émerveiller en ne m’allumant pas tel un lampadaire irradiant, c’est justement parce que je sais que ce n’est pas une tare, mais une caractéristique qui demande un suivi de près. C’est un défi que nous lance la vie. L’enfant doit apprendre à mieux se connaître, lui ainsi ses processus d’acquisition et ses stratégies de réussites.

L’enfant précoce est une opportunité d’évolution pour ses parents

Laetitia TRILLEAU

Nous sommes les semeurs de graines pour l’avenir des générations futures.
Soyons responsables !

Le parent, lui, doit apprendre à mieux comprendre son enfant, à accepter les réactions parfois démesurées de ce petit être en devenir. En apprenant à accepter et à observer, le parent aura la capacité de percevoir quel est le besoin que son enfant cherche à combler. Ce besoin non comblé qui se confronte aux obligations et schémas parentaux peut générer une crise émotionnelle qui est la preuve incontournable qu’un besoin est à reconnaître pour pouvoir être comblé. Ce processus est commun à tout le monde, petit ou grand, précoce, surdoué, ou non. C’est exactement ce processus qui est décortiqué dans la Communication Non Violente (CNV).
La partie la plus périlleuse est le travail que le parent a à faire sur lui-même : son propre cheminement de développement personnel. Son enfant lui renvoie, tel un miroir, le reflet des parties qu’il cherche à cacher depuis si longtemps. Pour combler son propre besoin, le parent doit travailler sur lui-même pour accepter ces parties de lui. Ainsi, l’effet miroir de son enfant ne sera plus perçue comme hostile, agressive, insupportable… elle sera juste un reflet.

Cette aventure éducative est un défi de tous les jours qui apprend, à tous les acteurs de cet ensemble de tribulations collectives, à grandir.

L’enfant précoce est avide de vitesse.

Un enfant précoce, c’est un enfant qui apprend vite, mais qui s’ennuie. C’est un enfant qui souffre de la vitesse de son mental. Dans sa tête, tout s’enchaîne à une vitesse inconsidérée et en contraste son corps est lent. Inscrire dans la matière est une épreuve.

L’enfant précoce veut faire vite, toujours plus vite : colorier, écrire, s’habiller, emboîter… mais c’est tellement difficile pour lui. Il est d’ailleurs peu surprenant que la plupart rencontrent des difficultés dans l’écriture.

L’enfant précoce est un handicapé émotionnel

Oh-là ! On se calme ! Le titre est fort mais il a sa raison d’être. Si notre zébron apprend vite les connaissance et apprentissage du type, lecture, calcul, réflexion, logique, coté émotion, il est en retard.

Les émotions le submergent et il ne sait pas quoi en faire. Comment les calmer, les stopper, les gérer?

cropped-10462556_738133966246108_1164563017351496465_n.jpgC’est un vrai sujet de préoccupation à prendre en compte. Pour le bien-être et le bonheur de l’enfant précoce, un apprentissage consistant à comprendre, observer, accepter, comprendre, canaliser ses émotions est nécessaire.

C’est ici que la méditation ou mindfullness a sa place malgré ce que pensent certains spécialistes. Les débuts peuvent-être plus compliqués qu’avec un autre enfant, mais le gain à long terme qui en ressortira sera inestimable. En effet, Si l’enfant parvient à identifier et comprendre le processus de son mental, il sera plus enclin à ne pas lutter contre.

Accepter, c’est se décharger du poids d’un combat inutile.

L’enfant précoce a besoin de se sentir aimé

calin-girl-938729_960_720 Le zèbre va développer dès le plus jeune âge le besoin de faire bien pour être plus aimé par ses parents, ses enseignants,… par l’adulte en général. Ainsi, travailler, avoir de bons résultats va être une recherche constante pour obtenir plus d’amour et de reconnaissance de par ses résultats.  Il ne faut pas oublié que l’enfant précoce se considère souvent comme un adulte à part entière. Pourtant, l’adulte ne doit pas se laisser berner par cette image car cet enfant est avant tout un enfant. Or, il est bien facile de l’oublier tellement cet enfant semble adulte. Croire qu’il l’est ne sèmera que des frustrations.

Le zèbre à la recherche d’amour et de reconnaissance par ses pairs continuera d’entretenir la même stratégie une fois adulte pour être aimé, apprécié et reconnu par ses collègues de travail, son patron, la personne qui partage sa vie. Mais à force d’en faire toujours plus, il rentre dans le cercle vicieux du burn-out. Une des étapes de son bonheur sera d’accepter d’être imparfait et de prendre conscience qu’il est humain, pas un super héros !

Le zèbre souffrant de déficit de l’attention

head-196541_960_720En fonction du nombre d’indices TDAH (Trouble du Déficit de l’Attention et Hyperactivité), le zèbre aura une difficulté croissante à vivre une scolarité épanouie dans le système traditionnel.

Dans les cycles traditionnels, il doit rester assis sans bouger. Cela lui demande un effort constant. On lui demande d’être attentif. C’est très compliqué pour lui. D’autant plus alors qu’il doit déjà accepter la frustration de ralentir au niveau de la vitesse d’apprentissage des autres enfants.

Notre zèbre fini souvent par être constamment dans les nuages, ou, est un élève bruyant et/ou perturbateur. Certains finissent par être étiquetés cancres comme se fut le cas pour Einstein. Ce zèbre-ci aura du mal à se faire accepter tel qu’il est. Ses liens sociaux avec les autres enfants risquent d’être compliqués.

Malgré ces efforts il se sent diffèrent, décalé, inapproprié… le risque de dépression s’installe et peut se développer très tôt. Les parents se doivent d’être attentifs. Un zebron trop solitaire doit être considéré comme un vrai signe. Initier une plus grande vigilance est opportun.

Comment canaliser les capacités spécifiques aux adultes à haut potentiel ?

Proposer des aménagements ou un apprentissage adaptébaby-zebra-75885_960_720

Le premier point est de vérifier que notre zebron s’adapte au système scolaire traditionnel. Sinon, il faudra envisager d’autres système éducatifs. Chaque zebron est différent d’un autre. Ses parents se doivent d’être attentifs. Des pédagogies d’apprentissage telles que la pédagogie Montessori et Freinet, lui permettent d’apprendre à son rythme, librement. Il peut bouger et se mouvoir calmement mais librement. Ainsi, il peut répondre à ses besoins propres sans frustration. Ces écoles aussi bien soient-elles restent onéreuses. Il est aussi possible de mettre en place des aménagements par le biais des PAP (plan d’accompagnement personnalisé)

Lui apprendre à se concentrer

Le zèbre, même s’il est atteint de déficit de l’attention, a la capacité de se concentrer profondément sur une activité qui suscite son intérêt. Il ne faut pas oublier que notre zèbre est un être hyper curieux. Ainsi, pour ce qui attise son besoin de découverte, il arrive à se concentrer. Favoriser ces moments où il est concentré dans sa découverte a des effets bénéfiques sur son apprentissage cognitif. Il va ainsi développer des stratégies de découverte, d’apprentissage et développer ses capacités de concentration. Le parent de notre zebron doit être attentif à ses centres d’intérêt et lui proposer des découvertes liées à ceux-ci.

Lui apprendre à ressentir et se relier à son corps.

En général, le zèbre considère son corps comme un véhicule contraignant. Il sera tenté de le maltraiter, de le pousser à ses limites et au-delà. Pourtant, se couper de son corps l’entraîne dans une spirale infernale. Lui apprendre dès le plus jeune age à ressentir est important. L’apprentissage de la conscience de ce qui se passe dans son corps, d’écouter ses émotions et comment elles s’expriment, c’est ouvrir la porte à un centre d’attention libérateur.

Proposer des activités créatives

créativitéLes zèbres ont une grande capacité créative et il est bon de la faire s’exprimer. Dans la créativité, notre zèbre expérimente le flow. Et c’est dans le flow qu’il expérimente un des plus grisant lâcher-prise. Dans le flow créatif, il n’est plus lui, il n’est plus un individu, il est une pure énergie créatrice. Dans ce moment de concentration intense, la détente s’empare de tout son être et pour une fois, il expérimente un lâcher-prise extreme.

En cas de crise, comment aider un enfant précoce à retrouver le calme

1-Faire preuve d’empathie, s’ouvrir, écouter, créer la relation
2- Identifier le besoin qui cherche à être comblé
3- Identifier l’émotion réflexe à travers laquelle se manifeste ce besoin.
4- Reconnaître verbalement de minière factuelle et avec humilité le besoin, l’émotion
5- Proposer un compromis non directif

Exemple :

boy-666803_960_720Vous demandez à votre enfant d’aller ranger sa chambre. Pas de réaction.
Vous lui demandez avec un peu plus de fermeté. Il explose de colère, se met à pleurer et envoie tout ce qui est à portée de sa main voler dans la pièce.
En  regardant de plus près la situation, vous vous rendez compte qu’il était entrain de jouer calmement à un jeu. Vous l’avez obligé à se couper de son activité pour répondre à votre besoin urgent de rangement. Pourtant votre besoin de rangement a-t-il plus de valeur que son besoin de créativité ? Bien sûr que non !

Votre intervention verbale pourrait être :

Je suis désolé(e), je n’avais pas vu que tu étais en plein jeu. Je t’ai coupé(e). Du coup, tu es en colère parce que tu auras aimé continuer à jouer, c’est bien ça ?

Nous avons des invités qui arrivent dans 5 minutes et je souhaite que la maison soit en ordre à leur arrivée. C’est important pour moi. Est-ce que tu pourrais ranger ta chambre maintenant et reprendre ton jeu après ? Comme cela je serais plus détendu(e) et Alex pourra aussi jouer avec toi quand il arrive.

De cette situation, en tant qu’adulte, on peut apprendre à observer l’activité de l’enfant et lui présenter nos demandes par anticipation.

Il est prévu que nos invités arrivent à midi. J’ai vu que tu es entrain de jouer mais j’ai vraiment envie que la maison soit présentable à leur arrivée. Peux-tu m’aider ?
-si oui, peux-tu ranger ta chambre ?
-si non. Je vois que tu es entrain de jouer dans combien de temps pourra tu m’aider ? j’ai vraiment besoin que nous le fassions ensemble.

Ça, c’est la théorie. Dans la pratique c’est toujours différent. Faites au mieux chaque jour et remercier vous à chaque fois que vous cherchez à appliquer la méthode de collaboration. Les enfants aiment vous aider, collaborer et faire avec vous… quand ils sont disponibles. Soyez bienveillant(e) avec vous comme avec eux le temps de trouver vos stratégies gagnantes. Félicitez-vous et soyez plein de gratitude pour les leçons que vous pouvez tirer de vos expériences.

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