
Oui, comment j’en suis arrivé là ? Il fut un temps où avoir raison occupait une place centrale dans ma vie. A ce propos, j’avais même publié cet article.
Avoir raison avait quelque chose de rassurant et de structurant. Cela m’offrait une forme de challenge, un défi et l’illusion d’avoir le contrôle et les choses en main. C’était une manière de tenir debout même quand tout vacillait ou que rien ne tenait la route. Plongée dans ce monde du tout mental, cela donne l’impression ne pas sombrer au milieu du chaos. Mais au lieu de cela, j’aurais mieux fait de me questionner : Comment en suis-je arrivé là ?
Cela s’est fait de soit, progressivement, sans l’avoir prémédité.
La question Comment avoir raison ? a perdu du sens ou plutôt de l’intérêt. Cela ne donnait plus de force et de contenance qu’à mon ego.
La question qui pointait son nez était un peu plus dérangeante, mais aussi infiniment plus féconde. Car elle engageait ma responsabilité dans le déroulé des choses.
Il ne s’agissait plus de la faute des autres, des circonstance ou de la vie. Il s’agissait de prendre pleinement mes responsabilités.
La question centrale de mes réflexions est devenue Comment j’en suis arrivé là ?
Avoir raison ne répare pas une trajectoire
Avec le recul, un constat s’est imposé : avoir raison, aussi légitime que cela puisse être, n’a jamais réparé les conséquences d’un choix mal engagé.
On peut avoir raison intellectuellement, émotionnellement, moralement. Etre en capacité de démontrer, expliquer, justifier. Et malgré tout, continuer à vivre les effets d’une décision bancale prise depuis un espace intérieur fragilisé.
La vérité est simple : avoir raison ne change rien à la situation; factuellement.
Avoir raison ne dissout ni les effets du passé, ni les engrenages enclenchés plus tôt.
Cela n’efface pas une orientation de vie posée depuis un état de confusion ou de peur.
Pour évoluer et améliorer notre vie afin qu’elle soit davantage conforme à ce que nous souhaitons pour nous, chaque être humain devrait se questionner : Comment j’en suis arrivé là ?
Un choix pris en mode survie n’est pas un choix libre
Au cours des derniers mois et même des dernières années, j’ai eu l’occasion de questionné comment j’en suis arrivée là ?
Il y a un peu plus de huit ans, ma situation de vie relevait clairement de la survie.
Ma vie personnelle était un véritable chaos. Je vivais dans une confusion générale sans m’en rendre compte.
J’étais effondrée, intérieurement épuisée, incapable d’accéder à une vision claire ou à un discernement stable de ce qui me concernait. Et, en même temps j’avais une vision claire des processus et de ce que vivait les autres.
J’avoue qu’il était d’ailleurs extrêmement frustrant de voir clairement comment dénouer le problème des autres et pas le sien propre. La vérité honnête est que je voyais le comment la sagesse appelait à régler un certain nombre de problème… en composant avec le temps. Mais mon cerveau reptilien (en charge de la survie) et mon cerveau limbique (en charge de l’émotionnel) n’étaient pas d’accord pour coopérer.
Dans cet état, il m’était tout simplement impossible de faire un choix réellement éclairé pour moi-même.
Pourtant, les choix urgents et importants se succédaient.
J’avais déjà fait une petite série de mauvais choix basés sur la peur qui en avaient entrainés d’autres.
Je me retrouvais fasse à un choix majeur.
Mais j’étais trop agitée intérieurement. Je ne savais plus où j’étais au milieu de tout ce bruit qui s’agitait en moi et autour de moi.
Me laissant prendre par le doute, j’ai appelé un ami voyant. Et j’ai suivi sa recommandation, qui en vérité allait à l’encontre de mon choix intérieur. Alors que j’attendais de lui une validation, j’ai suivi le chemin contraire en me convainquant que ce qu’il m’avait suggéré était probablement la meilleure option.
À cet instant, ce choix n’était pas dicté par un élan profond, mais par la nécessité de m’accrocher à quelque chose, à quelqu’un, à une forme de certitude extérieure, à un soutien psychologique palpable (ou cela ressemble à une contradiction juste en le verbalisant).
J’ai donc suivi ce chemin, mis en oeuvre ce qui devait l’être pour être conforme à ce choix. Et j’ai réalisé la concrétisation de la même manière que j’avais faussement fait ce choix : de façon bancale et dans l’urgence. La vie m’a laissé faire. Les choses se sont enchainées. Tout semblait ok.
Mais certaines décisions ne se contentent pas de répondre à l’urgence, elles dessinent durablement le terrain sur lequel on avance et qui auront des conséquences parfois sur de nombreuses années.
Changer aujourd’hui n’annule pas immédiatement hier
Depuis lors, je ne décide plus de la même manière. J’ai grandi, maturé… enfin il me semble
Je prends en considération des éléments qui m’étaient totalement étrangers avant cela.
Mon rapport au temps a évolué. La relation à la peur s’est transformée.
L’écoute de mon corps et des signaux internes s’est affinée. Elle existait déjà mais autrement. J’avais appris à écouter mon corps pour repousser mes limites au maximum. Aujourd’hui, l’écoute est utiliser à bien meilleur escient.
Mais alors que nous changeons certaines difficultés perdurent.
Et c’est exactement ce que j’ai expérimenté et que j’expérimente encore aujourd’hui.
Souvent, je prends le temps de me poser la question. Cette question essentiel que tout être humain qui souhaite être maitre de sa vie devrait se poser : Alors comment j’en suis arrivé là ?
A la fois pour observer ce qui a mené à de bonnes choses et ce qui a abouti à des galères.
Il peut paraître incohérent, voire injuste, de continuer à payer aujourd’hui les conséquences d’un choix ancien de plus de 8 ans. Et pourtant, certain.e.s paient toute leur vie pour un mauvais choix qui a eu de lourdes conséquences.
La loi de causes et d’effets est claire. Et la dynamique de la vie en est une conséquence.
Tant qu’un cycle n’est pas achevé, l’effet perdure.
Si la dynamique continue d’être active, elle nous impacte irrémédiablement.
Tant que nous n’avons pas compris l’enseignement ou l’apprentissage, la leçon demeure en cours.
C’est comme si la vie nous informait qu’elle n’avait pas encore refermé ce chapitre, malgré les transformations opérées depuis.
Alors, il convient d’entretenir l’espérance, de faire de mauvaise fortune bon coeur. Et même si c’est difficile, il convient de continuer à avancer un pas après l’autre avec constance en posant à chaque pas une décision alignée.
Prendre le temps de regarder comment j’en suis arrivé là et se positionner est nécessaire
Si nous ne prenons pas ce temps d’observation pour identifier ce qui est à rectifier, il est fort à parier que nous nous reprendrons les pied dans le tapis.
Par ailleurs, sans cela, nous nous retrouvons écrasé.e.s par le poids de l’injustice, issue de l’incompréhension, d’où naîtra notre révolte intérieure. Cette dernière est généralement le fruit du sentiment d’avoir compris, changé, intégré et de juger que malgré cela, l’expérience persiste injustement.
Ou au contraire, nous pourrions choisir de baisser les bras et de se laisser mourir porté.e.s par le courant. Lâcher prise oui, mais capituler non.
La réalité est qu’aucune de ces deux postures ou attitudes ne permettraient d’arranger les choses.
La vie ne corrige pas le passé, elle enseigne
La vie ne réécrit pas ce qui a été posé. Il n’est pas possible de changer le passé.
Elle nous invite à en assumer pleinement les effets, sans nous y enfermer.
Le Principe de Cause et d’Effet
« Toute Cause a son Effet ;
tout Effet a sa Cause ;
tout arrive conformément à la Loi ;
la Chance n’est qu’un nom donné à la Loi méconnue ;
il y a de nombreux plans de causalité,
mais rien n’échappe à la Loi, »
– LE KYBALION
Payer les conséquences d’un ancien choix n’est pas une sanction.
C’est un rappel structurant, parfois exigeant, destiné à inscrire l’enseignement des principes dans la durée.
Lorsque cet apprentissage est réellement intégré, il ne dépend plus du contexte. Il ne vacille plus lorsque la peur revient ou que la pression s’intensifie. Il devient une base intérieure solide.
S’écouter est une compétence, pas un réflexe
On croit souvent que s’écouter va de soi.
En réalité, cette capacité est une compétence qui nous est rarement transmise. Elle est fréquemment brouillée par l’éducation, les injonctions sociales, les loyautés invisibles ou la peur de décevoir.
S’écouter ne signifie pas suivre la moindre émotion ou impulsion.
Cela implique de savoir différencier une alerte juste d’un conditionnement ancien, un signal profond d’une réaction défensive.

Cela s’apprend, progressivement.
Non pas avec méthode mais avec discipline et honnêteté.
S’écouter sans s’écouter
Il est essentiel d’apprendre à s’écouter sans s’écouter.
Cette apparente contradiction est au cœur de ce que j’enseigne en accompagnement, et elle est d’une valeur immense.
S’écouter sans se laisser absorber par ses peurs, ses projections ou ses blessures.
S’écouter depuis un espace plus vaste que l’émotion du moment.
C’est là que naît un discernement fiable, même lorsque le temps est compté.
Quand le discernement est entraîné, l’urgence n’est plus un piège.
Lorsque cette compétence est intégrée, quelque chose change profondément.
Même sous contrainte, même dans l’urgence, la clarté reste accessible.
Un choix peut alors se poser en une minute.
Non pas dans la précipitation, mais depuis une écoute entraînée, incarnée, stabilisée.
La vie n’a plus besoin de forcer pour se faire entendre.
Il est fort à parier qu’alors vous aurez bien moins l’occasion de vous questionner : Comment j’en suis arrivé là ? Car votre cheminement aura été conscient tout au long de la prise de décision et de vos positionnement.
Apprendre à choisir pour éviter que la vie choisisse à notre place
L’accompagnement que je propose s’inscrit précisément dans cette intention.
Il ne promet pas une existence sans défi, mais permet d’éviter que les décisions se prennent depuis la peur, la pression ou la confusion.
Il a pour but que vous n’ayez plus à découvrir le poteau rose, après l’expérimentation, lorsque vous vous questionnerez Comment j’en suis arrivé là ? Mais que vous puissiez sentir et discerner la position intérieure qui est la vôtre lorsque vous posez vos choix.
Apprendre à choisir en conscience, c’est se donner la possibilité de ne plus entrer dans des situations inextricables.
C’est sortir du cycle des répétitions coûteuses.
C’est retrouver une souveraineté intérieure réelle, durable et incarnée.
Car, au fond, la question n’est jamais :
« Avais-je raison ? »
Mais bien :
Depuis quel endroit en moi ce choix a-t-il été posé ?
Si vous ressentez que vous avez besoin de gagner en clarté concernant une situation ou un projet, soyez libre de requérir un accompagnement. De la clarté émerge des choix plus justes et plus ancrés qui évitent de ses retrouver dans des boucles malheureuses souvent persistantes.
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