La peur de l’échec est-elle une protection ou un empêchement ?
Il existe une étrange illusion que nous entretenons presque tou.te.s… malheureusement… pour nous.
Nous imaginons que les personnes qui réussissent sont celles qui ont eu le talent de ne jamais échouer.
Nous les regardons depuis le pied de la montagne, fascinés par le sommet qu’elles semblent avoir atteint, sans jamais apercevoir les sentiers escarpés qu’elles ont dû emprunter, les pierres sur lesquelles elles ont trébuché, les demi-tours qu’elles ont été contraintes d’effectuer avant de retrouver leur direction.
À force de contempler uniquement l’aboutissement, nous finissons par croire que le chemin n’existe pas.
Comme si, ces personnes sont directement arrivées là. Comme si on les avaient déposé là dès le départ.
Et on se dit : Il/elle a de la chance !
Et nous nous offrons une des pires illusions possibles, racine de notre insatisfaction et notre frustration.
Dès lors, lorsque vient notre tour de gravir notre propre montagne, nous nous étonnons de glisser.
Nous nous inquiétons de nous essouffler. Nous interprétons la moindre chute comme la preuve que nous ne sommes peut-être pas fait.e.s pour cela. Et nous ressentons de l’injustice. On se dit pourquoi c’est si dur et couteux pour moi. Ce n’est pas juste.
Mais ce sentiment n’est que le fruit de notre propre illusion., résultat du mensonge que nous nous sommes offert à nous-même.
Regardons la réalité en face : Et si nous étions simplement en train de vivre ce que vivent toutes celles et ceux qui avancent réellement ?
L’échec est le pré-requis à la réussite
Cette réflexion m’a été inspirée par une vidéo de Laëtitia Mampaka, dans laquelle elle rappelle, avec beaucoup de justesse, une réalité que nous oublions trop souvent.
Nous voudrions récolter les fruits sans accepter les saisons qui permettent à l’arbre de les produire.
La peur de l’échec nous pousse à vouloir atteindre le printemps sans avoir traversé l’hiver.
Pourtant, la nature ne fonctionne pas ainsi… et notre vie non plus.
Chaque arbre commence par une graine enfouie dans l’obscurité.
Avant d’offrir son ombre ou ses fruits, il lui faut d’abord fendre sa propre enveloppe, s’enraciner dans une terre parfois hostile, résister au vent, supporter les sécheresses et accepter que certaines de ses branches soient brisées pour continuer à grandir.
Pourquoi en serait-il autrement pour nous ?
Nous aimerions tant que notre existence ressemble à une ligne droite.
Une succession de réussites qui confirmeraient enfin notre valeur.
Mais la Vie n’est pas un long fleuve tranquille.
Et c’est heureux !
Car la Vie n’en serait que fort ennuyeuse en vérité !
La Vie préfère les chemins sinueux.
Elle semble avoir une étrange manière de nous enseigner.
Car, contrairement à nos professeurs d’école, elle ne nous donne presque jamais la leçon avant l’épreuve.
L’épreuve arrive toujours avant les lauriers… et donc toujours après la prise de risque qui pourrait nous mener à l’échec
L’épreuve arrive systématiquement avant la suite…
Le risque de réussir et la peur d’échouer sont donc toujours de la partie.
Mais, si nous avons choisit de systématiquement vouloir les éviter, alors nous n’avancerons jamais sur le chemin de la VIe.
Nous errerons perpétuellement dans la même espace sans jamais avoir le courage de franchir le seuil.
La peur de l’échec n’est souvent qu’une peur du jugement, et plus profondément encore, une peur de porter sur nous-mêmes un jugement sans appel.
Nous croyons que l’échec dira quelque chose de nous, alors qu’il ne dit en réalité que quelque chose de notre manière d’agir à un instant donné.
Nous confondons ce que nous faisons avec ce que nous sommes.
C’est cette confusion qui transforme chaque tentative en mise en danger de notre identité.
Et c’est précisément cela qui nourrit la peur de l’échec.
Nous ne craignons pas seulement de nous tromper.
Nous craignons ce que cela racontera à propos de nous-mêmes si nous nous trompons. Et nous redoutons plus que tout que l’erreur devienne une identité et l’expérience se transforme en condamnation.
Ce qui nous terrifie aussi inconsciemment, c’est aussi que l’histoire que nous nous racontons depuis longtemps, à propos de nous-même, se révèle, à travers les faits, être fausse.
Un échec ne dit rien de notre valeur.
L’échec raconte simplement qu’une manière d’agir n’a pas produit le résultat espéré.
Rien de plus.
À bien y regarder, la vie entière fonctionne ainsi.
Un enfant tombe des dizaines de fois avant de marcher sans que personne ne remette en question son avenir.
Un artisan répète inlassablement son geste avant qu’il ne devienne précis.
Une rivière ne renonce pas lorsqu’elle rencontre un rocher ; elle apprend simplement à le contourner, parfois pendant des siècles, jusqu’à sculpter la montagne elle-même.
Nous sommes probablement la seule espèce capable de croire qu’apprendre devrait être exempt d’erreurs.
Et si le succès n’était finalement rien d’autre que cette capacité à poursuivre sa route, d’échec en échec, avec suffisamment d’enthousiasme, de curiosité et d’humilité pour transformer chaque faux pas en marche supplémentaire ?
L’échec n’est peut-être pas la porte qui se referme.
Il est peut-être le ciseau avec lequel la vie affine peu à peu la statue que nous sommes en train de devenir.
L’échec peut être autre chose que la porte qui se referme.
La manière dont nous souhaitons le regarder ne dépend que de nous. Soit nous choisissons de le regarder comme une fin en soit. Soit nous pouvons choisir de le voir comme une intersection ou une invitation à réguler, à changer quelque chose, à ajuster,…
L’échec peut-être le ciseau du sculpteur avec lequel la vie affine peu à peu la statue que nous sommes en train de devenir. Si l’argile ou le marbre refusait de laisser partir certains morceaux du bloc dont il est issus, aucune sculpture ne pourrait voir le jour. Et ce serait bien triste n’est-ce pas ?
L’échec est parfois difficile à vivre mais ce n’est pas une fatalité
Si vous ressentez qu’il vous fait peur ou que vous avez du mal à composer avec mais que vous souhaitez changer cela, je suis à votre service.
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