La déprime peut toucher tout le monde à des moments bien différents de la vie.
Cela peut arriver par lassitude, parce que l’apathie a progressivement pris place ou, au contraire, lorsque nous avons enfin atteint un objectif qui nous a demandé des mois, parfois des années d’efforts.
Dans ce dernier cas, lorsque la tension retombe, il n’est pas rare que notre corps et notre esprit entrent dans un temps de rééquilibrage inconfortable voire totalement insupportable.
Ou encore, l’objectif étant atteint et aucun nouveau cap n’ayant encore émergé, nous pouvons nous retrouver confrontés à une sensation plus diffuse : celle de ne plus très bien savoir dans quelle direction avancer.
Mais comment sortir de la déprime ?
Ces périodes sont souvent déstabilisantes.
Elles nous donnent le sentiment de nous être perdus en chemin, comme si quelque chose s’était grippé en nous. Nous cherchons alors à retrouver au plus vite notre énergie, notre enthousiasme ou notre motivation, persuadés qu’il faut sortir de cet état le plus rapidement possible.
Et si nous commencions par regarder la déprime autrement ?
Si, avant de chercher à la faire taire, nous prenions le temps d’écouter ce qu’elle cherche à nous dire ?
Je ne parle pas ici de la dépression, qui est une maladie et qui nécessite un accompagnement médical et psychothérapeutique adapté. Je parle de ces périodes de déprime que la plupart d’entre nous traversent un jour ou l’autre. Ces moments où tout paraît plus lourd, où l’élan semble s’être retiré sans que nous comprenions vraiment pourquoi.
Nous avons pris l’habitude de considérer ces passages comme des accidents de parcours. Comme si une vie réussie était une vie sans baisse de régime, sans fatigue, sans doute, sans perte momentanée de sens.
Mais est-ce vraiment ainsi que fonctionne le vivant ?
Nous passons parfois des mois, voire des années, à vivre en compensation.
Nous compensons un manque, une difficulté, une responsabilité ou une épreuve.
Puis, lorsque cette nécessité disparaît, le vivant ne revient pas instantanément à son équilibre.
Comme une guitare que l’on accorde, il oscille. Il cherche sa justesse. Nous allons d’un excès à l’autre avant de retrouver la justesse de l’équilibre et de la note parfaite.
La déprime pourrait bien être l’une de ces oscillations.

Pourquoi avons-nous tant de mal à accepter les coups de mou ?
Or, cela n’est qu’une illusion. Ce n’est pas humainement applicable sans renier notre propre humanité.
Les promesses du développement personnel ont oubliées de prendre en compte un élément clé :
L’humain est un être vivant.
Il est donc amené à osciller avec la vie.
Et, il doit changer et s’adapter constamment au fil de la vie et au gré des saisons. L’idée d’une constance immuable qui n’est régie que par la discipline et la volonté n’est que le résultat d’un objectif répondant au tout mental. Même si cela peut semble rassurant, ce n’est qu’une idée, un mirage.
À force d’être exposés à cette injonction de permanence, nous avons fini par croire que nos périodes de ralentissement étaient des dysfonctionnements.
Pourtant, aucune réalité vivante ne fonctionne ainsi.
Le cœur alterne sans cesse contraction et relâchement. Les saisons se succèdent.
Les arbres ne portent pas leurs fruits tout au long de l’année.
La terre elle-même connaît des périodes où elle doit être laissée au repos pour retrouver sa fertilité.
Pourquoi en serait-il autrement pour nous ?
Nous sommes des êtres vivants avant d’être des êtres performants.
Et c’est peut-être précisément parce que nous oublions cette évidence que la déprime devient si difficile à vivre.
Chez l’humain, cela semble passer par des périodes de déprime. Or ce n’est pas une fatalité. Le temps de repos passer, nous pourrons sortir de la déprime avec un élan nouveau.
Lorsque l’élan disparaît comment sortir de la déprime ?
Contrairement à ce que l’on imagine souvent, la déprime n’apparaît pas uniquement après un échec.
Elle peut surgir après une naissance, un déménagement, une promotion, la création d’une entreprise, la réussite d’un concours ou même la concrétisation d’un rêve que l’on poursuivait depuis des années.
Cela peut sembler paradoxal.
Nous pensions que l’arrivée, l’atteinte de l’objectif nous procurerait un bonheur durable et infini.
Pourtant, une fois le sommet atteint, quelque chose s’effondre parfois en silence.
Pendant toute l’ascension, notre énergie était orientée vers un objectif. Chaque renoncement trouvait son sens. Chaque effort était porté par une direction claire.
Puis, un matin, il n’y a plus de sommet à gravir.
Le combat est terminé.
Le mouvement qui nous portait s’est arrêté.
Ce n’est pas parce que nous avons échoué.
Mais parce que nous sommes arrivé.e à destination.
Or, l’humain est un être qui a besoin de cheminer.
Nous avons besoin de sentir que notre vie continue de s’orienter vers quelque chose qui fait sens.
Il est donc erroné de penser que c’est toujours l’objectif qui nous nourrit.
L’objectif donne de la motivation. Mais c’est l’élan qu’il fait naître en nous. Car derrière l’élan, il y a le sens.
Et si la déprime cherchait simplement à nous arrêter ?
Je me méfie des discours qui prétendent que « tout arrive pour une raison ».
Même si d’une certaine manière, cela est vrai. Pour autant, sommes nous réellement capable de saisir la vérité du pouquoi cela advient ? Je ne le crois pas.
Ce dont je me méfie encore davantage, c’est qu’ils deviennent vite culpabilisants lorsque la souffrance est réelle.
En revanche, je crois qu’il est juste de dire que nos états intérieurs ne sont pas dénués de sens.
La déprime n’est probablement pas venue vous faire souffrir.
Elle est peut-être venue vous empêcher de continuer à vivre d’une manière qui, progressivement, vous éloignait de vous-même. Ou qu’elle nous offre un temps pour retourner vers qui nous sommes.
Peut-être avons-nous tenu trop longtemps, que nous avons donné davantage que ce que vous pouviez offrir.
Avons-nous laissé la routine remplacer l’élan et en conséquence nous nous sommes perdu.e.s au cours du chemin.
Ou peut-être sommes-nous simplement arrivé au terme d’un chapitre de votre vie, sans avoir encore découvert le suivant. L’ouvrage est terminé et le prochain volume n’a pas encore été écrit… et nous nous retrouvons dans un vide du « Tout est possible mais rien n’est encore là. »
Or ce temps de suspension, nous l’identifions souvent à de la déprime.
La déprime n’est pas une ennemie mais un signal.
Non pas un signal qui dit : « Tu es cassé.e. » mais un signal qui murmure :
« Tu ne peux plus continuer exactement comme avant. »
Cette nuance change tout.
Car si la déprime n’est pas une identité mais une étape, alors il ne s’agit plus seulement de chercher à retrouver l’énergie que nous avions hier.
Il s’agit de découvrir ce que cette traversée est en train de rendre possible.
…
(à suivre)
Ce temps en suspension est souvent désagréable à vivre seul.e.
D’ailleurs il n’a pas à s’installer dans la durée. Sortir de la déprime peut demander plus ou moins de temps selon les situations, les personnalités et les parcours.
Être accompagné.e dans la redéfinition de qui nous sommes, dans l’identification de ce qui a du sens pour nous et dans la détermination de notre prochain objectif et souvent une oasis précieuse.
Si vous souhaitez que nous réalisions ce cheminement ensemble, soyez libre de démarrer un accompagnement.
Cela commence par un premier rendez-vous :
Être accompagné.e en tant que particulier
en cabinet à Grasse (06) Alpes-maritimes ou Montauroux (83) Var / PACA – France
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