Changer de repères : quand la vie nous invite à redessiner notre carte intérieure

Le changement a toujours fait partie de ma vie et je l’ai toujours accueilli comme il venait. Avec plus ou moins de plaisir ou de résistance, certes, mais toujours en y voyant la possibilité d’accéder à une nouvelle composante positive. Pourtant, il existe une différence entre changer et changer de repères.

Car, si j’ai souvent changé de projets, de responsabilités ou de façons de faire, un point n’avait jamais changé durant mes 45 années de vie : mon point d’ancrage a toujours été le département des Alpes-Maritimes.

J’ai la chance (ou pas) d’être née dans les Alpes-Maritimes, d’y avoir grandi, d’y avoir étudié et d’y avoir travaillé. Même si j’ai voyagé à l’Est comme à l’Ouest, mon point d’ancrage est toujours resté le 06, et plus précisément le Pays de Grasse élargi.

J’ai souvent ri en disant qu’au plus loin, j’avais habité à Villeneuve-Loubet et que les frontières de mon territoire allaient du Var (le département) au Var (l’affluent).

Changer de repères désoriente et déstabilise plus qu’on veut bien le croire.

Aujourd’hui, je vis pour la première fois une transition qui m’était jusque-là inconnue, autrement dit jamais vécue. Je déménage et passe la frontière pour m’installer dans le Var. Cela peut semble anodin, presque rien et pourtant… Cela chahute mon référentiel et me demande de changer de repères de façon inattendue.

Même si, en plaisantant, un ami très cher à mon cœur me disait : « Tu deviens varoise… mais pas trop ! ».
Oui, parce que je me suis installée à moins d’un kilomètre des Alpes-Maritimes. Pour autant, je ressens bien qu’en moi quelque chose résiste.

Mon cœur reste profondément attaché à Grasse et j’ai du mal à lâcher mes habitudes ou, plus exactement, les attractions qui y sont ancrées. Bref, mes repères et le référentiel que j’ai finalement construit depuis toujours.

Mon référentiel s’est construit là-bas depuis que je suis née et n’a jamais eu à se décaler.

Je connais les lieux, les points d’attraction, les acteurs économiques, le tissu local, les voix montantes, les personnes qui comptent, les dynamiques…

Mais, maintenant, cela ne m’est finalement plus très utile. Aujourd’hui, je ne vis plus dans le Pays de Grasse mais dans le Pays de Fayence.

Même si les deux territoires sont voisins et que certaines dynamiques se veulent transfrontalières, changer de repères est une expérience bien différente de ce que j’avais imaginé. Tous mes repères sont à reconstruire. Et c’est déstabilisant. Que ce soit pour aller faire mes courses, acheter des matériaux de construction, trouver des artisans, faire des activités… tout est à revoir.

Ce qui m’étonne le plus c’est que cela est vrai lorsqu’on part en vacances. Mais l’incidence dans le vécu est pour moi tout autre. Et, cela me questionne profondément.

Car, en réalité, si je mets les deux configurations en perpective, la seule chose qui change et que dans un cas, la situation est courte et temporaire. Et, dans l’autre cas, elle est durable et pour un temps indéterminé.

Changer de repères demande bien plus qu’un simple changement

Tout changement demande des ajustements.
Changer, ajuster et rectifier sont pourtant des processus que je maîtrise naturellement et assez facilement.

Avec pragmatisme, le Var est un département qui ne m’est pas inconnu.
Le canton de Fayence non plus, puisque, dans une ancienne vie professionnelle, j’étais responsable du développement commercial sur ce territoire.
Factuellement, même si c’était il y a plus de quinze ans, j’ai continué à y mettre les pieds régulièrement.
J’y facilite, d’ailleurs déjà, depuis des mois, des sessions de constellations familiales, systémiques, professionnelles…

Mais ce n’était ni ma terre ni mon territoire.
Or, il existe une différence fondamentale entre travailler dans un endroit… et y vivre.

C’est quasiment la même différence qu’entre la théorie et la pratique.

Quand les anciens repères ne fonctionnent plus

Ici, c’est un peu le Far West d’autrefois. [Oui, c’est un point de vue personnel]
De manière générale, on sent que les choses sont moins structurées, moins pragmatiques, moins matures… On fait davantage avec les moyens du bord.

Soyons honnêtes : faire avec les moyens du bord, cela me connaît. Le problème ne se situe donc pas ici. D’ailleurs, cela me rappelle l’époque de mon enfance. Ce qui est plutôt plaisant.

Ce qui me déstabilise davantage, c’est d’observer ce que cela implique lorsque les processus ne sont pas suffisamment pensés, anticipés ou maîtrisés.

J’ai parfois l’impression d’observer une partie d’échecs où un joueur se croit expert tout en étant incapable d’anticiper le coup suivant.
Comme si aucune projection n’était possible.
Je trouve cela particulièrement troublant.

Alors que certaines conséquences me paraissent évidentes, j’ai parfois l’impression d’observer un enfant convaincu d’avoir une idée brillante. Là où un adulte perçoit immédiatement les difficultés qui apparaîtront quelques coups plus tard.

C’est étonnant et déconcertant.

Pourquoi je vous parle de ce changement de repères ?

Vous pourriez légitimement vous demander pourquoi j’écris cet article.
Je l’écris parce que mettre des mots sur ce que nous vivons permet parfois de mieux le traverser.

En tapotant sur mon clavier, je pose le constat d’un désarroi passager.

Cette fois, changer de repères est plus complexe que ce que j’ai connu jusqu’à présent.
Je sais pourtant que cette sensation ne durera que le temps de la transition.

Je tenais à partager cela, parce qu’il me semble important de rappeler que la vie n’est pas un long fleuve tranquille.
Nous pouvons tous perdre momentanément nos repères, ressentir du flottement ou vivre une période de déséquilibre.

L’essentiel est de ne pas oublier que ces moments sont temporaires.
Une fois la transition achevée, de nouveaux repères émergent naturellement.

Prendre le temps de construire de nouveaux repères

Ce qui me semble juste aujourd’hui, c’est de ralentir, découvrir, observer…
Et aussi de prendre le temps de m’introspecter, de définir ce qui est réellement important pour moi. Ainsi, je pourrais identifier et choisir ce que je souhaite laisser derrière moi, ce que je souhaite transformer et ce que je désire faire naître dans cet espace nouveau où je suis invitée à écrire un nouveau chapitre de ma vie.

Finalement, changer de repères, ce n’est pas seulement changer de lieu.
C’est accepter de modifier sa carte intérieure et c’est consentir à regarder la Vie et le quotidien autrement.

Cela implique de laisser émerger un nouveau référentiel. Ce qui est drôle c’est que lorsque cela touche uniquement un changement de logement, cela ne m’a jamais causé de difficulté. Mais en me décalant à moins d’un kilomètre d’une frontière départementale tout est différent !

Pour autant, je sais pertinemment que malgré les moments de flottement, la perspective de l’émergence de repères nouveaux me met profondément en joie. Et je suis très curieuse de découvrir la forme que prendra ce nouveau chapitre.

Je vous souhaite le meilleur, et bien plus encore.

Evidemment, je reste pleinement disponible pour vous accompagner à mettre de la conscience sur ce qui se joue pour vous, afin de transformer vos difficultés en véritables opportunités de croissance.

Bien à vous,

Lætitia

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