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Eviter de passer à côté du bon chemin

Il me semble que tout individu, à un moment de sa vie, se demande s’il est sur le bon chemin, s’il n’est pas passé à côté du bon chemin.

En tout cas, ce qui est certain, c’est que je reçois de nombreuses personnes qui sont préoccupées par cette question.

La question est d’autant plus d’actualité qu’à l’heure où je publie cet article, je serai bientôt de retour du chemin de Compostelle. Or, une des discussions qui l’animent est bien celle-ci :

Il y a de plus en plus de personnes souhaitant devenir pèlerins, mais combien d’entre eux expérimentent le bon chemin et combien passent à côté ?

J’abordais ce point dans le précédent article qui abordait l’importance de la destination.

Nous l’avons expérimenté ce point épineux sur l’étape allant de Roncesvalles et Auritz. Certes, nous avons bien ressenti en traversant le bois qu’il avait quelque chose de particulier.
Mais l’énergie dynamique et optimiste du matin, croisée avec l’attention portée sur la conversation que nous avions avec un pèlerin belge, nous a fait manquer la magie de cet endroit.

Par chance, nous nous en sommes rendu compte en début de journée. Sinon, nous serions passés totalement à côté du chemin ou en tout cas à sa magie, sa vivance, sa vibration.

Pendant ce laps de temps où nous ne cheminions pas en conscience, nous avons marché, certes, mais nous n’étions pas dans le chemin. Nous n’avons pas vécu l’expérience. Nous étions passifs, endormis, absents, endormis à ce qui devait ce vivre dans cet espace lieu/temps.

Nous marchions bien sur la voie tracée qui dessinait le chemin. Mais nous n’avons pas vécu ni expérimenté le chemin. Nous l’avons juste traversé. Nous y étions sans y être.

C’est exactement ce qui se passe avec l’habitude et la routine. On finit par traverser les jours de notre vie, sans les vivre. Nous existons sans vivre pour autant.

La précipitation et le manque de conscience nous ont fait passer à côté du sens de ce que nous expérimentions. Nous passons à côté du chemin qu’est notre vie.

Je ressens une immense gratitude pour cet enseignement que nous aurions aussi pu rater mais que nous sommes parvenus à saisir en conscience.

Suis-je sur le bon chemin ?

La réponse est nécessairement oui. Puisque tout est juste.
Il n’y a pas d’autre vérité.

Attention, ici, je vais introduire un bémol. L’expérience est juste pour l’évolution spirituelle de l’être et de l’âme, mais cela ne veut pas dire que la situation ou le contexte que nous vivons en 3D est de nature juste. Ne mélangeons pas tout n’importe comment n’est-ce pas. Pour autant cet état de déséquilibre, de dysharmonie permet de créer l’opportunité qui permet l’apprentissage et d’avoir accès à l’enseignement.

Chacun a sa voie et chacun vient expérimenter un ensemble d’expériences et faire des expérimentations différentes, spécifiques et parfois même unique en substance ou en sens.

Nous sommes à l’école, l’école de la vie. Et, chacun de nous est bien obligé d’apprendre sur le tas ! On devra tous passer par des points spécifiques de notre destiné, mais évitons de passer à côté du chemin en passant à travers sans le vivre.

La vraie question est :

Vivez-vous ce bon chemin de la bonne façon ?

C’est comme lorsque nous marchions lors de cette étape. Nous étions sur le bon chemin. Mais nous étions distraits, occupés par autre chose. Notre attention était ailleurs. Nous ne cheminions pas en conscience. Nous sommes, par conséquent passés à côté de la magie du lieu. Pourtant, nous étions au bon endroit au bon moment. Le chemin était là et nous aussi. Mais nous n’étions pas disponibles pour être avec lui. Nous étions comme « à côté », ailleurs. Nous étions là physiquement mais nous n’étions pas en présence, en lien, en relation, en contact avec le chemin.

Si vous ressentez un malaise, un inconfort…

C’est que soit, vous vivez mal ce chemin, soit vous êtes en période de transition. J’en parlais dans l’article : le chemin vers le bonheur n’est pas toujours confortable.

Dans les deux cas, vous avez une expérimentation à faire et quelque chose à transformer.

Dans notre exemple, la transformation que nous avions à faire était au niveau de notre ouverture, notre présence et notre niveau d’attention vis-à-vis de notre environnement. Ne perdons pas de vue que les chemins de Compostelle sont des chemins alchimiques. Ils recèlent un potentiel de transformation positive mais aussi de grands dangers… on peut y perdre la raison ou se perdre Soi.

Pour mémoire, selon Larousse :

Alchimie : nom féminin du latin médiéval alchimia, de l’arabe al-kīmiyā’, du grec khumeia, mixtion

Art de purifier l’impur en imitant et en accélérant les opérations de la nature afin de parfaire la matière.
Littéraire : Transformation de la réalité banale en une fiction poétique, miraculeuse : L’alchimie du verbe, de la douleur.

La nature est magique. Le vie est un miracle. Comment a-t-on réussi à nous couper de la magie ?

La réponse est simple. Notre mode de vie, notre société de consommation, la standardisation… nous ont coupés de notre nature, de nous-même et de mère nature.

Nous sommes devenus des humains-robots programmés pour alimenter le centre de contrôle du dieu « argent ». Mais nous pouvons en sortir et redevenir libre. Certains en sortent par décision, d’autres en passant par la case burn-out.

Le seul véritable « bon » chemin est celui qui nous ramène à nous / Soi. Il nous fait passer par la case de l’acceptation de soi en passant par la nécessite de faire le deuil des relations toxiques, se libérer de l’attachement,… et décider d’être soi dans la perfection de notre imperfection. Un vaste programme ! Mais nous avons toute notre vie devant pour le réaliser. Nous pouvons même considérer que nous en avons plusieurs pour atteindre cet objectif.

Pourtant, afin de s’y atteler, il est important de ralentir. Et pour les pèlerins du chemin de Compostelle, c’est également le cas. Pour vivre et faire l’expérience du chemin, ils devront ralentir. Sinon, ils traverseront le chemin sans le rencontrer et sans saisir son sens subtil, philosophique, alchimique, spirituel… ce pour quoi les pèlerins viennent : pour abandonner au fil des kilomètres les couches superficielles et inutiles pour rencontrer leur centre et se transmuter.

Le sens même du chemin a été perdu au fil du temps.

Avant, les pèlerins décidaient de prendre le chemin pour se transmuter, demander la grâce ou le pardon de Dieu, chercher la foi… au péril de leur vie. Beaucoup y laissaient leur vie d’ailleurs !

Maintenant, nombreux sont ceux qui viennent juste faire une longue randonnée !

Alors méditez sur ceci, quelle est l’intention qui vous anime ? Qu’êtes-vous venu expérimenter dans cette vie ?

Que souhaitez-vous créer pour vous ? Et pour le reste du monde ? Quelle contribution souhaitez-vous offrir à l’humanité et au-delà ?

Je vous souhaite une lumineuse et inspirante semaine.
Soyez libre de poster, une question, un retour d’expérience, ou un commentaire.

Si les thèmes que j’aborde résonne en vous et qu’il vous tient à coeur de travailler sur certains de ces thèmes ou d’autre en cheminant en ma compagnie, vous avez la possibilité de requérir un accompagnement.

Bien à vous,

Lætitia Trilleau

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