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Se re-connecter à Soi

Cheminer pour se re-connecter à Soi, c’est ce en quoi ont consisté mes 10 derniers jours.

Voilà, je suis de retour de ma deuxième session de pèlerinage sur el camino francès vers Saint Jacques de Compostelle. Et cela, environ 1 mois après le premier départ.

Refaire la même expérience en changeant quelques paramètres peut apporter un résultat tout autre.

Cette session a été bien différente de la première. Tout d’abord, parce que j’ai marché seule avec moi-même.
J’ai choisi de ne pas marcher avec un groupe même si je me mêlais à d’autres, au fil des rencontres, lors des pauses et le soir. Tout d’abord, parce que, comme je vous le disais dans le premier article de la série « Compostelle », avancer à mon rythme était la clé pour éviter de me blesser à nouveau.

En marchant à ton rythme, tu peux faire plusieurs fois le tour du monde ! 
– dixit mon démon intérieur

Il y avait aussi un phénomène nouveau avec lequel il a fallu composer : la quantité de gens sur le chemin. En effet, la foule des pèlerins était dense.
Cette fois-ci, mon point de départ a été Sarria, soit à 113 Km de St Jacques de Compostelle.

Beaucoup de pèlerins partent de cette ville car il faut avoir marché 100 Km, au minimum, pour obtenir la Compostella (le diplôme attestant que vous avez fait le pèlerinage).

Toute cette foule a été gênante pour moi, une difficulté pour que je parvienne à m’intérioriser. Mon seul but était de marcher en m’intériorisant. J’étais venue pour cela.
Avec quelques stratégies, et des ajustements cela a été possible. J’ai choisi de chercher à m’intérioriser tout en m’ouvrant au Monde, à vivre l’interconnexion centrée.

A propos du démon intérieur

Le chemin de Compostelle est celui où vous venez rencontrer votre démon intérieur. Pas pour le vaincre, non, mais pour l’amadouer, le domestiquer et en faire votre allié. Mais attention ! Il reste un démon.
Il peut être un allié, mais ne le prenez pas pour un ami.

Le but est d’utiliser son savoir et ses compétences. Il sait beaucoup de choses concernant la matière, mais il se joue de vos sentiments. Il utilise vos illusions mentales et joue en appuyant sur la corde sensible de votre ego.
A cet endroit, il vous ment.
Il est donc nécessaire d’être cordial mais très vigilant.

Si vous ne parvenez pas à l’apprivoiser et si vous rentrez dans son jeu, il vous dominera et vous possédera. Il vous manipulera grâce aux jeux des illusions qu’il offre à votre mental en utilisant comme levier vos peurs.

Mon but était bel est bien de le rencontrer, mais dans ces conditions, comment faire ?

Alors, j’ai joué sur le décalage

Le matin, je me suis levée entre 5 et 6 heures et mon corps s’est rapidement habitué. Je n’avais même pas besoin de réveil pour cela. Dès le deuxième jour, mon réveil était intuitif.

Je partais sans petit-déjeuner avec un bout de pain gardé du repas de la veille. Pour le reste, je trouvais des pommes, offertes chemin faisant par Dame Nature, en marchant.

J’ai décalé de quelques kilomètres mes arrêts par rapport aux étapes « habituelles » du commun des mortels.
J’ai dormi dans des Albergues (auberges de pèlerins) plus petites, un peu en marge ou en dehors du chemin et surtout en dehors des villes-étapes. Cela m’a permis de rencontrer des personnes plus vraies, des hôtes qui n’avaient pas qu’un but commercial, avec lesquels j’ai pu échanger. Plusieurs faisaient eux-mêmes le chemin à leurs heures.

J’ai choisi d’être libre.

Je n’ai passé que peu de temps à Santiago. Ce n’était pas mon but d’arriver à Compostelle. Je sentais que je n’avais rien à y faire. Ce n’était qu’un point de passage vers autre chose. Et, à partir de là, j’ai pris le bus pour m’extraire de la cohue et j’ai atterri au joli village côtier d’Erazo qui n’était pas sur le chemin.

Ensuite, même si je suis allée à Cee, Concubion, Finisterre, Muxia, Dumbria…qui se trouvent sur les chemins de Compostelle, j’y suis allée par d’autres chemins, j’ai tracé mon propre chemin. J’ai marché sur le chemin magique de mon intuition.

Mon intuition et ma capacité à ressentir étaient décuplées durant le pèlerinage. Je n’avais pas d’attache, pas de peur, pas besoin d’être rassurée. Je savais que le Divin guidait chacun de mes pas et Dieu pourvoit pour moi.

J’ai appris à gérer mes ressources corporelles et mentales.

Je me suis écoutée. J’ai ressenti mon corps même si parfois j’ai choisi de nier l’illusion de mes douleurs.

J’ai mangé quand j’avais faim, bu à chaque fois que j’y pensais et je me suis arrêtée quand mes pieds n’en pouvaient plus. Cela a été comme inné.

Ce qui a été étrange, a été de refaire depuis ce nouveau point de départ, parfois, le même chemin dans un sens, puis dans l’autre.
De revisiter le même endroit avec une autre vision, un autre angle, un second regard.

Je me suis aussi trompée de chemin parfois, mais cela n’avait aucune importance. Je n’avais aucun impératif de temps.
De mon levé à mon coucher, la seule chose que j’avais à faire était marcher. Et, même si c’était douloureux avec mon lot d’ampoules, contractures, le mal aux pieds, le cisaillement dû au poids de mon sac et ma tendinite du talon d’Achille (qui s’était réveillée à Altrar et c’était révélée lors de la dernière étape vers Santiago) c’était confortable.

Oui, cela peut sembler étrange mais mes douleurs étaient confortables. J’étais libre et vivante en dehors de tout cadre. Et, ça, c’était plus fort que tout.

Je vivais en suivant mon intuition. Quand je me trompais, c’était pour découvrir un cadeau.

Je me suis perdue aussi. Cela m’a valu de marcher dans les ronces et les épines dans l’espoir de retrouver un chemin. Mais j’ai trouvé ça fun. Cela a nourri ma part aventurière.

Ce qui m’a le plus étonnée, c’est que même en marchant la nuit, seule, dans le noir, dans des endroits inconnus, dans la forêt, dans la rue, dans les bois, à aucun moment je n’ai eu peur. Etant connectée à ma nature profonde, et à ma nature sauvage j’étais sereine. Dieu ou une autre puissance veillait sur moi avec bienveillance.

Suivre un chemin déjà tracé est plus simple, plus facile et plus confortable.

Pour beaucoup de gens, c’est ce dont ils ont besoin. Pour eux, cette option est sûre et rassurante. Mais, ce n’était pas pour moi.

En me poussant dans l’inconnu, sans cadre, j’ai pu me re-connecter à moi. Je me suis revue, enfant marchant dans la forêt avec mes chiens dans ma solitude sans fond, m’apitoyant sur mon sort d’incomprise. Mais, une fois dans la forêt, tout cela n’avait plus d’importance. C’est comme si une nounou bienveillante me consolait.
Je me suis re-connectée à ma part sauvage et à la paix que je trouve en forêt, en montagne.

Et, il y a eu ce moment, lorsque au milieu de rien, je suis passée devant une vieille femme seule avec son gang de chats. Je lui ai lancé un « Holà ! » aimable et poli. Pour toute réponse, elle m’a fait signe de continuer mon chemin sans dire mot. Ce que j’ai vu en elle, à ce moment-là, c’était moi.

Mon démon est ma solitude

Mon démon m’a longtemps effrayée. Pourtant, depuis de nombreuses années maintenant, nous partageons mon temps. Je n’ai plus peur de cette solitude. Elle est devenue une compagne ennuyeuse mais qui répond toujours à l’appel et qui éclaire mes zones d’ombres.

Au delà de cela, quand je suis dans cette solitude, tout m’est donné.

En cheminant seule, j’ai trouvé à boire, à manger, du réconfort… j’ai pu vivre à 100% avec mon intuition. Mon démon m’a offert des conseils lorsque je marchais et que j’avais mal pour alléger ma souffrance. Mon intuition m’a amenée à des paysages merveilleux.

J’ai vécu dans l’émerveillement, enchantée par la nature. En marchant, c’était dur, douloureux parfois mais j’étais joyeuse.

J’ai expérimenté l’interconnection à son maximum. Chaque personne que j’ai rencontrée était un frère, une soeur, un(e) ami(e) ou une part de moi.

J’ai été le temps de quelques jours Alice aux pays des merveilles.

Mais, le plus complexe désormais, c’est le retour à ma vie « normale ». Mais cela, je vous en parlerai dans un prochain article.

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