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J’ai testé la hutte de sudation

Il est des choses que nous savons mais nous ne savons pas d’où cela vient. Moi, j’ai toujours su qu’une hutte de sudation ne devait pas se faire à la légère. Bien choisir son guide-accompagnant, son Ajq’ij (guide spirituel) est un gage de sécurité.
Il y a quelques temps de cela, lors d’une séance de guérison, la canalisation préconisait une hutte de sudation pour une de mes patientes.

Ceux et celles que j’ai été amenée à adresser à un autre praticien le savent, je ne le fais pas sans conscience. Je vous oriente du mieux qu’il m’est possible pour assurer la qualité de votre accompagnement.

Au delà de ça, j’ai horreur de devoir suggérer un processus ou une méthode alors que je ne l’ai pas expérimenté(e). Or, c’était le cas pour la hutte de sudation.

Alors, j’ai souhaité rectifier le tire

Je me suis alors lancée dans la recherche du guide de confiance approprié pour prendre en charge la patiente concernée. Il était hors de question de la laisser s’adresser à n’importe qui. Je vous rappelle que selon moi, le choix du guide est un point clé pour la sécurité de la personne qui expérimente la hutte de sudation. Ce n’est pas comme si on souhaitait tester un nouveau vernis… bien que le vernis déjà peut être hyper dangereux et toxique !

Comme j’ai été amenée à m’intéresser à la pratique; et compte tenu que je demeure, on ne peut plus curieuse. J’ai choisi de tester la pratique pour mieux la connaître. L’idée était de comprendre ce que cela implique. Ce qui se joue. Et comment cela opère. Cette expérimentation est tombée à un moment où j’avais des points à éclaircir dans le prolongement de la quête qui m’a menée en Mongolie.

Pour ce qui concerne la hutte de sudation, j’ai été conduite vers sa version mexicaine nommée Temazcal. Cette pratique est utilisée pour la purification physique, émotionnel et psychique. Comme l’est aussi l’Inipi.

A quoi ressemble une hutte de sudation ?

Une hutte de sudation ressemble à un igloo bas dont les arrêtes sont faites de troncs d’arbres fins, recouvertes de couvertures.
L’entrée se fait par l’Ouest, face à l’Est.
Au centre se trouve un trou dans le sol où des pierres chauffées à blanc vont être déposées. Ces pierres sont les abuelas : les grand-mères. Elles seront arrosées d’une eau dans laquelle auront infusées des plantes médicinales. Ainsi arrosées, elles partageront leur sagesse, leur savoir, leur capacité de guérison…

A l’intérieur, l’obscurité règne. Symboliquement, c’est un retour dans le ventre de la mère-terre avant votre renaissance. On retourne en gestation.

La préparation se fait en collaboration avec tous les participants. Tout le monde s’y met. On apporte des offrandes (nourritures, fleurs, pommes de

pins…) pour les esprits de la nature.
Sur l’autel, on peut également déposer des « objets de pouvoir en vue qu’ils soient rechargés pendant la cérémonie ».

On collecte les plantes médicinales nécessaires, les feuilles qui seront déposées au sol en guise de tapis. Dans mon cas, il s’agissait de fougères.
On rassemble du bois pour le feu. Le brasier est créé avec une forme particulière afin de chauffer efficacement les pierres.
Certaines taches reviennent aux hommes, d’autres aux femmes conformément à la tradition.

L’étape incontournable de la purification

C’est avec plaisir que j’ai accepté de réaliser cette partie. Il faut avouer que cela fait partie de mes compétences 😉
Chacun a été purifié et à rendu grâce aux esprits en présence avant de rentrer en maillot de bain dans la hutte de sudation.
Dans la hutte, il faisait chaud et humide. Mais chaud… ! Et humide aussi…

A partir de là, chacun va vivre sa propre purification au travers de 4 portes : la terre, l’eau, le feu et l’air. Mais, il y a bien plus que cela.
Il y a des échanges, des prières, des chants,… Tout ce qui se passe dans la hutte reste dans la hutte. C’est une expérience intime et profonde.
La bienveillance veut que nous ne parlions pas, en dehors de la hutte, de ce que chacun a expérimenté. C’est un beau moment d’échanges et partages.

Ce qui se joue dans la hutte

La hutte, selon mon expérience, est une pratique qui demande et qui coûte. C’est probablement l’expérience de dépassement de soi, de courte durée la plus dure que j’ai eu à vivre. Et pourtant, j’en ai expérimenté un nombre conséquent !

Je pensais que j’allais y méditer en me confrontant à moi-même. Et bien, je me suis bien confrontée à des peurs que j’avais envisagé : étouffer,  brûler… Mais, non.
Malgré les quelques heures passées à l’intérieur de la hutte, je n’ai pas eu le temps de méditer.

En Vérité, je n’ai jamais eu de mal à respirer; à aucun moment. Régulièrement, la chaleur était mordante. L’air pouvant sembler étouffant. Mais en ne prenant pas la main à cette illusion pour qu’elle m’emporte, je continuais à respirer calmement et confortablement.

Parfois, pourtant, l’instinct de survie prend le dessus. J’ai vraiment été confrontée à mes limitations. Au départ, j’ai pensé que je n’arriverais jamais à supporter cette épreuve jusqu’à la fin. La terre s’incrustait dans ma peau et ma chair. J’aurais du mettre un short qui ne craignait ni l’eau ni la terre plutôt qu’un maillot de bain. Mais, au final, j’y suis même retourné après la cérémonie.

On évoque souvent le coeur qui s’emballe et bas fort dans la hutte. Personnellement, mon coeur à toujours été calme durant la hutte.

A propos des 4 portes et des 4 éléments

J’ai transpiré encore et encore. On peut dire sans se tromper qu’on détoxifie un maximum !
J’ai sué de l’eau, de l’eau et encore de l’eau. J’étais pleine d’eau… et donc de terre. A force de bouger, trempée d’eau, les feuilles de fougères se sont déplacées et je me suis retrouvée au contact direct de la terre.
L’air était brûlant et humide. Parfois, j’avais l’impression qu’il était en feu et brûlait ma gorge, mon visage…
J’étais pleine de terre, d’eau, de feu et d’air. Je ne pouvais aucunement nier la présence des 4 éléments !

Aux moments où la porte s’ouvre, ce qui arrive au moins 4 fois, la fraîcheur de l’extérieur est une bénédiction. Le corps, alors, se relâche le temps de la pause. Pendant ce temps, les pierres à l’intérieur sont échangées contre de nouvelles pierres chauffées à blanc. Et on repart pour un tour.

Après la deuxième porte, j’ai pris conscience que je ne voulais plus vivre l’expérience en attendant impatiemment que ça s’arrête. J’ai décidé de vivre pleinement l’expérience, d’en profiter. De Vivre chaque instant même s’il était pénible. Et, nous avons démarré la troisième porte, la porte du feu, mon élément. Celle qui nous a le plus brûlé.

Ce que chacun vit dans la hutte est différent. Mais c’est intense. Tellement que même si j’étais à jeûn depuis très longtemps, plus de 12h, je n’avais pas faim. Ce qui est tellement improbable qu’il est bon de le mettre en avant ! Oui, il semble improbable que je puisse un jour faire un jeun de 24h. Rien que d’y penser me semble impossible.

Après la hutte

J’étais fatigué, usée, vidée.
Ma peau était molle et gorgée d’eau. L’eczéma que j’ai presque en continu sur certains de mes doigts avait disparu.
J’étais assoiffée. Pourtant, je m’étais bien hydratée avant et nous avons bu de la tisane à l’intérieur. J’avais beau boire, ce n’était jamais assez.
Nous avons partagé une soupe de légumes frais. C’était divin.

Puis, nous sommes rentrés chacun chez soi.

Il y a eu des moments de grincement, des épisodes épineux, quelques accrochages. Des frustrations sont apparues. D’anciennes peurs ont resurgi… pour mieux être évacuées et libérées.

A l’heure où j’écris cet article, nous avons fait la hutte il y a une semaine déjà. On commence à reprendre un équilibre. On se sent bien et changés. Plus légers mais plus à vif encore pour le moment. D’anciennes choses un peu oubliées, mises de côté, niées sont revenues et il est temps de les traiter.
Nous avons repris contact car la hutte, a été très forte, bien plus forte qu’habituellement.

Personnellement, je ne sais pas si je referai une hutte.
Probablement, mais pas tout de suite.
J’ai apprécié à sa juste valeur cette expérience de dépassement de soi qui m’a permis de me relier à autre chose.
Je pense qu’il faudra laisser passer quelques années avant que j’ai l’opportunité d’y regoûter avec justesse.

En conclusion : La hutte de sudation est une expérience qui ne se fait pas de façon anodine.

Elle ne doit pas non plus être faite avec n’importe qui.
Mais, j’ai réussi à satisfaire mon intention. J’ai rencontré les instances avec lesquelles je souhaitais rentrer en contact et même plus.

Cette expérience a été pénible, difficile et extrême mais elle m’a permis de me confronter à des facettes de mon être que je ne connaissais pas jusqu’alors.

Mais, je ne recommande pas cette expérience. Toutefois, pour celles et ceux qui veulent l’expérimenter… cela se prévoit, le lieu, l’accompagnant, les circonstances et votre intention sont à aborder calmement et avec une immense conscience et minutie.

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