Le mouton noir de la famille

Cet article fait écho à un article que j’avais publié, il y a plusieurs années déjà, qui parlait du vilain petit canard (cf. article : Je fais mon coming out).
Qu’on l’appelle mouton noir ou vilain petit canard, cette personne dérange par son incapacité, ou sa résistance face, à l’intégration aux normes et règles de la famille (ou autre structure systémique prise en considération).
Pourtant cet atome libre, qui ne l’est pas réellement ni totalement, est, selon les constellations familiales et autres sciences systémiques, l’élément perturbateur qui permettra de casser un cycle erroné qui tourne en boucle et générer une révolution (re-évolution).

Il est effronté, isolent, anarchiste, réactionnaire, rebelle, marginal… il est l’élément du changement.
Cet agitateur est celui qui refusera de se nier pour être intégré ou accepté dans un groupe.
Il est entier, dur et insécable (comme l’est l’Âme… la vraie pas la psyché des livres de philo ou de psycho).
Refusant de couper une part de sa sphère pour rentrer dans la case carrée qui lui a été attribuée.

LE MOUTON NOIR DE LA FAMILLE

Les soi-disant “moutons noirs” de la famille sont en fait des chercheurs de chemins de libération pour l’arbre généalogique.
Les membres de l’arbre qui ne s’adaptent pas aux normes ou aux traditions du système familial, ceux qui, depuis tout petits, cherchaient constamment à révolutionner les croyances, allant à l’encontre des chemins marqués par les traditions familiales, ceux-là, critiqués, jugés et même rejetés, sont généralement des appels à libérer l’arbre d’histoires répétitives qui ont frustrés des générations entières.


Les “brebis noires”, celles qui ne s’adaptent pas, celles qui crient leur rébellion, jouent un rôle de base dans chaque système familial, elles réparent, désintoxiquent et créent une nouvelle branche pleine de fleurs dans l’arbre généalogique.
Grâce à ces membres, nos arbres renouvellent leurs racines.
Sa rébellion est terre fertile, sa folie est eau qui nourrit, son entêtement est air nouveau, sa passion est le feu qui rallume le cœur des ancêtres.
D’innombrables désirs réprimés, de rêves non réalisés, de talents frustrés de nos ancêtres se manifestent dans la rébellion de ces moutons noirs cherchant à se réaliser.

L’arbre généalogique, par inertie, veut continuer à maintenir le cours castrateur et toxique de son tronc, ce qui rend la tâche de nos brebis difficile et conflictuelle.
Mais qui apporterait de nouvelles fleurs à notre arbre, sinon elles ?
Qui créerait de nouvelles branches ?
Sans elles, les rêves non réalisés de ceux qui soutiennent l’arbre des générations en arrière seraient enterrés sous leurs propres racines.
Que personne ne te fasse douter, soigne ta “rareté” comme la fleur la plus précieuse de ton arbre. Tu es le rêve réalisé de tous tes ancêtres.

Bert Hellinger.
Traduit de l’espagnol

Cet intrus gênant qui solutionne le problème

Pourtant, ce mouton noir, cet intrus de par sa différence, va pouvoir amener un regard nouveau, des ressources différentes à l’intérieur de la famille et ainsi générer le changement, créer cette fameuse révolution.
Il va briser les chaînes, dévoiler les maillons dissimulés de l’histoire.

Or, tout le monde le sait, le changement, ça fait peur et ça fait grincer des dents.
Ce mouton noir, pour pouvoir exploiter ses ressources, ce qu’il apporte de nouveau dans le système, va devoir avoir la peau dure et un sale caractère (de ceux qui arrivent à s’imposer et garder le cap contre vents et marées).
Car il est entier, droit dans ses bottes, inflexible, insupportable, incontrôlable et insoumis.
On le définira comme dur et rebelle et indomptable.
Sa nature sauvage lui apportera la force nécessaire pour accomplir sa lourde tâche.

Vous imaginez donc facilement ce que cela peut engendrer comme remous en retour, de part les autres membres du système qui eux se sont tous soumis à la Matrice familiale.

Pourquoi faire autrement, alors qu’on a toujours fait comme ça ?

Et que ce mode de fonctionnement n’a tué personne !
… ou presque…
Parce que oui !
Si on n’est pas conscient du schéma répétitif qui entraîne la mort et/ou la maladie, c’est pas comme si on était conscients du processus qui s’opère !
Du coup, ça compte pas non ?
Ce qu’on ne connaît pas n’existe pas, n’est-ce pas ?

La résistance au changement sera inévitablement.
On se moquera, on critiquera, on jugera… ce nouveau comportement, ce nouveau mode de fonctionnement, cette nouvelle manière de vivre dans le monde.
Cette nouvelle manière, d’agir, de penser… etc…
Même si c’est la solution ultime, pour obtenir la rédemption de toute la lignée et que cela se gagne par cette nouveauté.

Un héros non reconnu écrasé de polémique

Finalement, ce mouton noir est le sauveur qui va expier les fautes, les incompréhensions, les déséquilibres, les dettes… qui ont été contractées par les ancêtres.

Mais, il ne faut pas se leurrer, le rôle est dur à tenir.
La pression, insoutenable est constante.
C’est comme vouloir remonter un torrent à contre-courant ou faire front à la tempête.
Autant vous dire qu’il lui faut avoir de bonnes ressources et savoir être droit dans ses bottes quoi qu’il advienne.

Alors certes, il vous agace, vous énerve et vous amène à vous arracher les cheveux ce mouton noir qui refuse de rentrer dans le rang et de faire comme les autres…
Mais, ne niez pas l’importance et la difficulté liées à ce qu’il est en train de remuer !

Un changement de regard, d’angle de vue pourrait vous être bénéfique. 

Envie d’une petite mise à jour pour mieux accueillir avec plus de sérénité ?
De nombreuses possibilités peuvent vous être offertes et proposées lors d’un accompagnement.
Celle qui vous convient le mieux sera déterminer ensemble lors de l’accompagnement.
Vous  pouvez requérir un premier rendez-vous ici : rendez-vous en présentiel au cabinet à Grasse
ou  rendez-vous à distance.

Je vous souhaite une agréable semaine.

11 réflexions au sujet de “Le mouton noir de la famille”

  1. Bonjour, je ne me sent pas bien du tout dans ce role. Je n’ai fait de mal à aucun membres de ma famille. Mais ils continuent à me rejeter. Je ne suis invitée à aucun anniversaire, aucune fête. Les membres de ma famille m’ont tous pris. Je n’ai plus rien et je suis seule.

    Ils veulent que je partent mais je ne sais pas quoi faire.

    Je suis le mouton noir de ma famille.

    Et c’est très très dure.

    Avez vous des conseils ?

    Merci et bonne journée à vous.

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    • Bonjour Chloë,
      Merci de votre message. Avoir le rôle du mouton noir de la famille est un rôle difficile à porter. Parfois, il est nécessaire de prendre de la distance par rapport à la famille et du recul par rapport à la situation.
      Il est souvent intéressant de visiter cette question ? Qui je suis lorsque je ne suis pas un membre de cette famille ? Moi, indépendamment d’eux ?
      Il est aussi possible d’aborder des points plus individuels et personnels sur les autorisations que vous vous donnez et que vous donnez aux autres par exemple pour retrouver votre stabilité et votre unicité.
      Si vous souhaitez être accompagnée dans vos démarches, je suis à votre disposition.
      Il vous suffit de réserver votre rendez-vous
      Je vous souhaite une agréable journée.
      Bien à vous ,
      Lætitia

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  2. Merci pour vore merveilleux texte…que j’avais tant besoin de lire! Il est très difficile de constater que les membres de notre famille préfèrent voir de la malveillance dans nos gestes de bienveillance. Exemple grossier ; Je vous gifle! Bon, oui, ça pince et vous avez raison d’être mécontente. Oh…j’ai en réalité frappé la bestiole qui s’apprêtait à déguster votre joue. Ce faisant, je vous ai giflée! Vous avez le CHOIX de fixer votre attention sur la douleur ressentie ou sur ma tentative de vous éviter une piqûre (quoi qu’en réalité, je vous aurais plutôt avertie : “Sur ta joue droite, un maringouin!” ou “Attention à la guêpe, recule et ne bouge plus!”. Donc, soit vous jouez les victimes : “La méchante, elle m’a frappée!”. Ou encore, vous pouvez voir la bonne intention derrière mon geste douteux : “Elle a voulu m’éviter une piqûre et s’y est mal prise! Bonne intention, quand même! Je vais voir avec elle s’il n’y aurait pas moyen, à l’avenir, d’épargner ma joue et…mes lunettes!” Quand on est le “mouton noir”, ce qui est mon cas depuis 60 LONGUES années, c’est systématiquement la mauvaise intention qui est perçue dans nos paroles et comportements. Le plus dur pour moi, c’est de comprendre POURQUOI les gens font CE CHOIX…et pourquoi ceux qui connaissent la vérité et pourraient APPUYER ce pauvre mouton ne le font pas. C’est fou ce que les gens aiment le “chacun pour soi!”… C’est triste…

    Signé : Un mouton que BEAUCOUP DE GENS AIMENT!

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    • Bonjour Econolyne,
      Merci pour votre partage. Je suis ravie que ce teste ait pu vous apporter.

      S’insérer et trouver notre place dans notre famille est effectivement loin d’être évident.
      Parfois, il faut apprendre à parler le même langage verbal et non-verbal. Car, sinon, nous ne parlons pas le même langage que le reste de la famille à moins d’avoir à sa disposition une personne capable de jouer le rôle de décodeur. Et, il est clair que nous n’avons pas toujours ça sous la main. MAIS ! Parce qu’il y a un mais, si vous le souhaitez, il n’y a pas d’âge pour apprendre à le faire si vous le souhaitez. ET, dans ce cas, si vous le voulez, je peux vous y aider.
      Si cela vous appelle, il vous suffit de prendre rendez-vous ici : https://coach-ngo.com/prendre-rendez-vous

      Je vous souhaite un douce et lumineuse semaine.
      Bien à vous,
      Lætitia

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  3. Bonjour, cher(e)s collègues “moutons noirs” et merci pour cette très belle description de ce qu’on peut être.
    Commençons par le début : l’expression :mouton noir est un peu surannée puisqu’on se rend compte aujourd’hui que la classe d’humain majoritaire peut être désignée : moutons ; qui signifie que ces êtres accepte tout, sans se poser de question ni faire preuve de discernement, contrairement à nous : la minuscule catégorie d’humain toujours en quête de résolution du doute.
    Ne nous appelons donc pas mouton, mais plutôt humain, le vrai, celui qui a quitté le monde animal instinctif et matérialiste.
    Bravo à toute celles et ceux qui tiennent , bien involontairement ce rôle et qui auront réussi à trouver leur place, en s’éloignant des anhumains(mi animaux, mi humain) qui les auront dénigré si longtemps et encore parfois dans le présent.
    Vivre le moment présent, construire, pourquoi pas, sa propre famille afin de voir grandir ses propres enfants, et leurs montrer la beauté de ce monde, et de notre cœur (bon après, le choix du ou de la partenaire est aussi chose compliquée parfois ).
    Dans tous les cas : sachez que votre présence dans ce monde illumine la morosité générale ; pas besoin de se forcer pour le faire ; vous êtes des esprits de lumière… ✨️

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    • Bonjour,
      Merci de votre message. Il est vrai que l’expression « mouton noir » n’est semble-t-il aujourd’hui plus à propos. D’ailleurs, depuis l’écriture de cet article, il y a fort longtemps… Je me suis rendue compte que chacun à sa façon se sent mouton noir…
      Cela pourrait donc bien expliquer le pourquoi du « mouton ». Mais ce qui me semble tout de même opportun dans cette identification, c’est que cela peut permettre d’initier un processus d’acceptation de soi.

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  4. Ce texte est magnifique. Merci de rappeler que nous sommes des êtres nécessaires… Le « mais pourquoi faire autrement m’a fait sourire », je n’ai plus envie de jouer à ses jeux puérils où nous sommes à la fois indispensable mais bouc émissaire.. et je me heurte justement dans mon individualité à cette volonté de changement, et à leur « non mais la vie c’est pas ça hein ». Ce texte résume bien toute la douleur, et parce qu’eux ont souffert on le devrait aussi.. on devrait nié qui on est et nos sentiments. Alors que oui, nous tout ce qu’on veut c’est qu’il soit heureux et qu’ils se libèrent, mais apparemment c’est plus facile de nous rendre fautif qu’ils se regardent le nombril.

    Merci pour vos mots.

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    • Merci pour votre commentaire. Il n’est jamais facile d’être celui ou celle qui ne respecte pas la loyauté familiale. Cela revient à vivre comme hérétique au sein de notre cellule familiale.
      Mais, il n’est pas toujours nécessaire de le vivre dans la douleur. Il n’y a pas de fatalité. Il est possible de pacifier le système.

      D’ailleurs, en parlant de paix, vous pourriez être intéressée à suivre le calendrier de l’avent #vivreenpaix. Il est diffusé sur les réseaux sociaux.

      Je vous souhaite une douce journée et un lumineux mois de décembre.
      Bien à vous,
      Lætitia

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