Cheminer : mon initiation à la vie de pèlerine

Cheminer…

Voilà en un mot ce qu’est être pèlerin, mais ce n’est pas que cela, l’expérience est bien plus riche, profonde, à la fois intérieure et extérieure !

Finalement, vivre, n’est-ce pas cheminer sur notre propre chemin ?

Traverser notre vie est un cheminement et chacun à sa propre et unique voie. Pourtant, les pèlerins qui se lancent sur le chemin de Compostelle, èl caminocomme disent les espagnols, se lancent sur une autre sorte de chemin.

Ceux qui nous suivent sur Facebook à travers la page #TetractysCannes savent que j’étais, il y a encore peu de temps de cela, sur le chemin en tant que pèlerine de dernière minute.

Je me suis engagée sur èl camino francès à Saint Jean pied de port pour accompagner William, les premiers jours de pèlerinage jusqu’à Puente la Reina.
Et, je n’ai pu expérimenter qu’une poignée de jours sur le chemin. Pourtant, ce périple est déjà une expérience remarquable dans ma vie ! J’ai randonné 21 h sur plus de 80 km en traversant les Pyrénées à pied…

J’en reviens temporairement pour assurer mes obligations mais j’y retournerai bientôt… mieux équipée et avertie.

A propos du chemin de Compostelle

En Espagne, el camino est une étape quasi incontournable sur la todo-list de la vie de chacun. C’est une véritable institution et avoir la foi de se lancer sur le chemin est un sésame remarquable de courage, de sérieux et de détermination à avoir sur un CV.
À tel point qu’un trafic de « credencial » existe.
El credential est un passeport spécifique et individuel fournit par la cathédrale de Santiago, que chaque pèlerin doit avoir toujours sur lui. Il doit le faire tamponner 2 fois par jour. Sans cela, pas de refuge ni de repas de pèlerin pour lui.

Je n’ai pas marché longtemps sur le chemin (le périple est d’environ 900 km et 40 jours de marche) mais ces quelques jours me font ressentir clairement qu’on ne peut pas comprendre ce qui s’y joue tant qu’on n’y a pas mis les pieds. Le pèlerinage, pour être reconnu comme tel, doit couvrir 100 kilomètres à pied, à cheval ou 200 km à vélo.

Etre sur le chemin nous connecte à un flux et un mode de vie particulier duquel on peut rapidement devenir « addict ». Quel que soit ce qui nous pousse à s’y connecter : la religion, le sport, l’attrait culturel, la spiritualité, simplement pour l’expérience… ou pour demander une grâce. Chacun a son propre moteur de motivation, comme dans la vie courante.

Prendre le chemin, c’est comme se jeter dans une rivière.

Il existe un flux qui nous porte et nous emporte.

En cheminant, on est seul(e) avec soi. Et, en même temps, on est jamais seul(e). Chaque mise en relation à sa raison d’être. Parfois, un marcheur plus rapide vous rejoint, échange rapidement avec vous et repart.

Il est essentiel de suivre son propre rythme pour aller loin sans se fatiguer inutilement et chacun chemine selon le sien. Tout le monde accepte implicitement cette règle. Respecter le rythme de l’autre est une manifestation de respect.

Mais ce marcheur, ne s’est pas mis en relation par hasard. Il avait une information ou un message à vous délivrer à moins que c’est été à vous de le faire ; au bon endroit et au bon moment. Ou il a, ou vous aviez, besoin d’un objet, d’une ressource, et comme par hasard l’autre souhaitait s’en débarrasser à la prochaine étape. Le chemin de Compostelle est tissé par un ensemble d’échanges. Tous les pèlerins font partie d’un même grand tout et rien ne se perd, tout se transmet.

On apprend à vivre en communauté mais sans attache

Au fil des jours, vous rencontrez de plus en plus de personnes. Chacune progressant à son rythme selon ses possibilités. Vous revoyez de plus en plus de personnes connues lors d’une pose, à un relais, à la fin d’une étape, dans un gîte… Et finalement, cela devient comme une confrérie mixte, une communauté itinérante. Comme dans la vie « habituelle » mais en vivant un bonheur simple et sobre. Les effets du pèlerin se limitant à sa tenue et ce que vous pouvez voir sur la photo ci-contre.

Faire le chemin seul ou en groupe

Certain sont seuls et tiennent à le rester. Ils sont souvent plus rapides.

D’autres sont seuls mais se regroupent avec d’autres.

D’autres encore sont en groupe ou en famille et partagent le chemin, se scindant et se retrouvant ensuite, parfois.

Mais, on avance avant tout avec soi, selon nos possibilités et ressources.

Qui veut aller loin ménage sa monture.

En me basant sur mon cheminement intérieur et extérieur, je vous proposerai, pendant plusieurs semaines de partager avec vous ce que j’ai découvert sur el camino.

Soyez libre de poster un commentaire, des questions, des points que vous souhaitez éventuellement que j’aborde…

Belle semaine à tous

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