De quoi avez-vous besoin ?

femme-danse-feu-particulesLa question du besoin est une question essentielle souvent non traitée. Pourtant, il serait judicieux d’y prêter une attention particulière pour pouvoir mettre en place des relations positives et bienveillantes à long terme.

J’ai récemment eu la chance de participer à un atelier de pratique en communication non violente (aussi appelée CNV). Alors, ne nous y trompons pas la communication non violente n’est pas une solution contre la violence verbale, elle est une manière de communiquer avec plus de bienveillance dans le respect de chacun. Cette pratique, très intéressante au demeurant, a pour objectif de se relier à la question des besoins de chacun pour que tous les acteurs soient satisfaits et y trouvent leur compte.

De manière habituelle, l’humain a tendance à réagir face à ses émotions et à ses sentiments en cherchant à les museler. L’information reste donc non traitée et la pression s’ajoute à celle déjà présente dans la cocotte minute que devient notre corps. Il est étrange, après cela, de s’étonner qu’une explosion ou une implosion puisse advenir.

Ne serait-il donc pas judicieux de reprendre les choses dans l’ordre ?

smilies-emotionC’est ce que propose la communication non-violente. La proposition de cette pratique est de prendre de la hauteur face à une situation vécue pour aller rechercher l’émotion ou le sentiment (le ressenti) pour pouvoir identifier quel est le besoin sous-jacent à ce moment précis. Par la suite, il sera possible de trouver des moyens de combler ce besoin, ou de stratégies pour y répondre, ou encore de pouvoir faire des propositions ou des demandes aux autres personnes concernées afin d’éviter que le problème soit récurrent et/ou pour pouvoir le traiter en cas de résurgence. Et ainsi d’alléger les échanges en donnant plus de qualité à leur contenu.

Les 4 phases de la communication non-violente

1-La première phase est l’observation factuelle de l’événement.

lyrics-motsQu’est-ce qui se passe réellement avant que mes filtres et mon interprétation viennent transformer la réalité en ma vision de la réalité. Par exemple, au lieu de dire (ou d’hurler) :
« J’en ai marre que tu fasses toujours le bazar dans ta chambre ; Y EN A MARRE !!!!« .

Je peux chercher les erreurs dans ma formulation.
« J’en ai marre que tu fasses toujours le bazar dans ta chambre; Y EN A MARRE !!!!« .

Tu : le tu tue la communication. Il a une tendance à chercher un coupable et affliger l’autre pour que nous puissions nous positionner en victime (cf. triangle dramatique). A éviter d’urgence.

Toujours : Il s’agit d’une généralisation erronée. Toujours n’existe pas factuellement. Son utilisation ne fait que créer des généralités qui amplifient inutilement le problème. Il y a au moins une fois où ça n’a pas été le cas, donc toujours et un mensonge par exagération.

Le bazar : C’est une interprétation. Le bazar est une notion subjective. Ce qui sera le bazar pour les uns ne le sera pas pour les autres.

Y EN A MARRE !!!! : C’est un débordement d’énergie émanent d’une émotion non maîtrisée.

Un début de formulation pourrait être du type : « Quand je vois autant de jouets par terre…« 

2-Exprimer son sentiment avec l’emploi du « je »

coeur-allumetteCette phase est une phase essentielle qui demande de se reconnecter à soi. C’est une phase parfois difficile puisque beaucoup de gens cherchent désespérément à étouffer leurs sentiments plutôt que de les exprimer. Or, ici, il est question de les mettre en avant, nos sentiments et ressentis. Cela revient à faire tout le contraire de ce qui se fait habituellement pour la majorité, c’est à dire : se connecter à l’intelligence émotionnelle.

Pour vous y aider, je vous propose une liste de sentiments pour pouvoir exprimer le plus finement possible ce que vous ressentez.

Ainsi, la formulation pourrait continuer : « Quand je vois autant de jouets parterre, cela génère de la frustration et de la colère… »

3-Expliciter son besoin 

bebe-surprisUne fois le contexte factuel dressé et les sentiments qui se jouent exprimés, il est tant d’expliciter son besoin. Car, une émotion a pour seul et unique but de nous faire prendre conscience qu’un besoin est comblé ou non. Une fois le(s) sentiment(s) identifié(s), il est temps d’identifier quel est ce besoin qui reste à être comblé.

Le besoin est donc caché derrière le(s) sentiment(s). Il faut alors rentrer en introspection, chercher à se connecter à notre ressenti corporel. L’avantage de l’intelligence somatique est qu’elle est notre intelligence la plus ancienne et qu’elle ne ment pas. Elle est la source d’information la plus directe que nous ayons à notre disposition.

Les questions à se poser sont alors : Quelle est la cause qui a fait émerger ce sentiment ? Qu’est ce qui s’est passé juste avant ? Qu’est ce que ce sentiment me dit ? A quoi il me connecte ?

Pour notre exemple nous serions à : « Quand je vois autant de jouets parterre, cela génère de la frustration et de la colère. J’ai rangé les jouets qui traînaient il y a 5 min et j’ai besoin d’ordre… »

4-Faire une proposition à la recherche d’alliance ou de consentement.

mainsPour finir le processus, il est alors bon de verbaliser une proposition à la recherche d’une alliance, du consentement ou de l’implication de/avec l’autre ou des autres acteurs dans le contexte.

Pour notre exemple nous serions à :
« Quand je vois autant de jouets parterre, cela génère de la frustration et de la colère. J’ai rangé les jouets qui traînaient il y a 5 min et j’ai besoin d’ordre. Serais-tu d’accord pour ranger tes jouets « 

Mais le processus ne s’arrête pas toujours là. Car la réponse peut être « Oui » mais aussi « Non, je suis entrain de jouer avec ! »

Ecouter et accueillir

fille-calin-chienL’important à ce niveau est de pouvoir écouter et accueillir ce qui est bon, juste et acceptable pour l’autre avec bienveillance et sans jugement. Car l’autre nous livre sa version de la réalité, sa vérité selon sa vision ou sa carte du monde. Le but ici étant de pouvoir ajuster la proposition pour trouver ensemble un compromis.

-« Si je comprends bien, tu souhaiterais continuer à jouer avec tes jouets avant de les ranger. C’est bien ça ? »
-« oui » ou « non« .

et on continue le processus :

« Dans ce cas, serais-tu d’accord pour ranger un jeu avant d’en sortir un nouveau ? »

et on poursuit le processus jusqu’à trouver un accord.

Dans cette quatrième phase, il est aussi possible d’exprimer une demande

woman-boucheDans ce cas-là, il ne s’agit pas d’une proposition mais d’une demande. Celle-ci doit être présentée sans obligation. Il ne s’agit pas de mettre à nu des exigences. Le principe de la communication bienveillante est de favoriser le dialogue, les arrangements et faire preuve d’adaptabilité en toute bienveillance.

L’objectif est que chacun y trouve son compte et qu’une solution gagnant-gagnant puisse émerger et être validée par le collectif.

Que diriez-vous de tester ce nouveau mode de communication ?

all-you-need-is-love-194916_1280Au début, cela peut être déroutant et parfois, les « mauvaises habitudes » pourront être résistantes mais en faisant preuve d’attention et en communiquant avec davantage de conscience, cette méthode se révèle être extrêmement bénéfique.

N’hésitez pas à poser des questions, de commentaires ou des retours d’expériences en utilisant le module de commentaire ci-après.

Merci d’avoir lu cet article.

Je vous souhaite une semaine plus légère grâce à la communication bienveillante 😉

La communication non violente vous intéresse ? Dans atelier en groupe et des consultations individuelles sont possibles sur Grasse et alentours.

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