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Être en dévotion

Parfois, je suis surprise par la Vie alors que j’accueille l’inspiration du moment. Chaque fin de mois, alors que le mois suivant pointe son nez, j’ouvre mon coeur à l’inspiration pour rédiger la newsletter du mois à venir qui nous est destinée. Avant de me poser dans cette ouverture à l’inconnu ou plutôt à ce qui est plus grand que nous, je ne sais pas ce qui va arriver. Même pendant que l’inspiration coule ou plutôt naît en moi, je ne sais pas quel chemin nous allons arpenter. Je découvre et j’accueille ce qui m’est offert à l’instant présent. Et pour ce mois de juillet 2021, ce qui se joue, c’est être en dévotion, ou tout au moins s’ouvrir à cette façon d’être.

Mais, comment poser avec des mots ce que cela représente de manière intelligible ? 

Décrire ce qui se meut dans l’invisible, ce n’est pas évident. Et pourtant, chacun de nous a commencé à prendre ce chemin pentu depuis le 24 juin 2021. Ce n’est pas facile. Cela remet en cause nos manières d’être en relation avec l’autre, Soi, soi et les autres.

Qu’est-ce que la dévotion ?

Il n’est pas aisé d’expliquer ce qu’est la dévotion. C’est un courant de vie, une posture, une attitude… Je ne prétends pas pouvoir transmettre une vérité mais plus justement, un retour d’expérience. Voici déjà une longue période que je tourne autour et goûte non pas au principe de ce qu’est la dévotion mais à sa source sans pour autant parvenir à toucher son essence.

A tord, beaucoup considèrent que la dévotion est en lien avec la religion ou avec un dogme. Cela revient à amoindrir, diminuer et couper la dévotion d’une part de ce qu’elle est. Car dans ce cas, il s’agit des dévotions qui sont des actes à accomplir selon les règles d’usages de la religion considérée. On appelle cela faire ses dévotions. C’est un peu comme faire ses devoirs ou réaliser nos tâches imposées. Cela n’a rien à voir avec la dévotion. La dévotion n’est aucunement un devoir ou une nécessité.

La dévotion est un pur élan du coeur.

Même plus que cela ! Une manifestation issue de la conscience pleine et entière du Coeur. C’est un cri, un appel silencieux qui émane de lui qui s’exprime comme une aspiration naturelle et inspirée.

Il y quelques années déjà, j’avais abordé ce qu’était le Seva (voir l’article : Faire la promotion de la gentillesse désintéressée). A l’époque, j’avais une vision extérieure et plutôt matérielle de ce que cela pouvait être. Au fil des années, j’ai touché la limite de la gentillesse (voir l’article : Désolée, je ne suis pas gentille).
Sans pour autant dire qu’il faut renier la gentillesse bien sûr !

Aujourd’hui, je vois le Seva comme un don de soi plus que comme une gentillesse. Le Seva, lorsqu’il est réalisé dans la pleine puissance de son essence est un don de soi à l’autre ou plutôt au Tout. C’est cela, selon moi la dévotion.

Je pourrais achever l’article ici, mais cela n’offrirait qu’une vision partielle de ce qu’est la dévotion. Et, peut-être pas très clair dans les forme que peut prendre sa manifestation.

Quid de la différence entre dévotion et charité

Alors que nous sommes là, j’avoue être en plein hors piste, je ne sais pas où nous allons, mais nous y allons ensemble et je ressens que c’est juste. J’écris ce qui vient, au plus juste de comment cela se présente.

La différence entre dévotion et charité se situe au niveau de la posture. Lorsque nous abordons la notion de charité, pour grand nombre d’entre nous, cela se rapporte à “faire la charité” ou à la fameuse “charité chrétienne“.
Dans un cas, nous nous posons dans une posture de demande pour pouvoir recevoir et collecter le fruit de la charité, générosité de l’autre. Mais ce que nous collectons peut émaner de différentes parties de l’être et être la manifestation de différentes stratégies ou inclinations de l’humain. La personne peut donner pour avoir bonne conscience ou pour être perçue comme une bonne personne, ou parce qu’elle a un surplus de quelque chose, parce qu’elle n’a plus l’utilité de cette chose ou qu’elle l’encombre…

Cela n’a pas la même incidence que donner notre dernier bout de pain lorsque nous n’avons plus que cela et que nous ne savons pas si nous en aurons un autre bientôt. Cela implique donc d’avoir confiance en la Vie, en l’abondance ou être dans le renoncement de soi.

La charité, souvent, se base sur ce que nous savons que nous avons et la mesure de ce que nous donnons pour ne pas manquer. La dévotion c’est autre chose.
Être en dévotion, c’est donner, s’offrir à l’autre, s’offrir en holocauste.

La dévotion est en lien avec la foi

Cela à avoir avec être un dévot. C’est donner tout pour l’autre peu importe le petit moi.

Dans ma vie, j’ai eu un témoignage magnifique et indiscutable de dévotion. Ce témoignage, je l’avais sous les yeux. Il est vivant et je peux l’observer régulièrement. Pour autant, il m’est difficile de partager la grandeur de cela avec des mots.

La dévotion n’est pas déshabiller Pierre pour habiller Paul. La dévotion dans l’expérience vivante que j’en fais chaque jour, c’est un enfant qui va aller consoler ou faire le clown pour apporter de la Joie à des adultes à l’hôpital ; alors que c’est lui qui s’est fait opéré des dizaines et des dizaines de fois et qui expérimente la souffrance et la douleur du corps. Ce même enfant qui offre son jus de pomme à son papa qui en rigolant lui lance un “hummm il a l’air bon ton jus ! Je peux le boire ?“, alors que lui même n’a pas mangé ni bu quoi que ce soit depuis plus de 2 jours.

Si nous n’avons pas la foi, il n’est pas possible d’entrevoir la dévotion. L’expérimenter est alors totalement hors de notre portée. Ce n’est pas même effleurable par notre entendement.

Un être en dévotion fait sacrifice de son ego.

C’est en cela que nous pouvons parler de s’offrir en holocauste. C’est notre petite personne, notre petite identité temporelle qui est offerte en sacrifice. Mais en vérité, cela n’est ni organisé, ni choisi, ni voulu, cela se fait naturellement. Il n’y a pas de demie-mesure possible ici. Nous ne pouvons pas prétendre être en dévotion et entretenir la moindre guerre de pouvoir. Celle-ci étant par nature liée à l’ego. Et pourtant, j’ai pu observer des guerre de pouvoir au sein des bénévoles volontaires en Seva même chez Amma ou auprès d’autres “Maîtres” spirituels.

C’est malheureux mais la majorité des bénévoles qui prétendent offrir le seva le font pour des raisons d’ego; Cela se sent et se voit dans l’invisible. Pour autant, il serait injuste de condamner cela. Ils essaient de faire bien, veulent faire ce qu’il faut ou ce qui est bon. Leur élan est juste mal aspecté, pour le moment. Il s’agit d’une étape, d’une expérience. Il n’est possible de réaliser nos actes qu’en accord avec notre état de Conscience même dans les plus petites choses.

Souvenons-nous que la dévotion ne peut exister qu’en dehors de tout calcul ou mesure. La dévotion est. Elle est une forme d’amour inconditionnel qui ne s’inscrit dans aucun schéma.

Être en dévotion est une posture humble de totale ouverture du coeur à l’autre.

Être en dévotion implique d’avoir une position basse assumée pour être pleinement au service de l’autre. Mais pas au service de l’ego ou de la personnalité de l’autre. Il s’agit d’être en toute conscience au service du divin en tout. Dans cette posture, en vérité, je vous le dis, le plus grand n’est pas celui qui reçoit mais celui qui donne car son coeur est immense. Cela fait de lui un géant aux yeux de Dieu.

Seul celui/celle qui a un haut idéal pourra voir, expérimenter ou être en dévotion. Cela ne se pilote pas, cela ne peut pas être feint. Être en dévotion, c’est être Amour.

Le soleil est en dévotion totale.

Il offre son essence, ce qu’il est, sans restriction pour illuminer et chauffer tout ce qui existe sans distinction. Il ne se pose pas de question. De même, l’eau est en dévotion, elle offre sa nature rafraichissante, hydratante, purifiante, nettoyante, pour cela, elle accueille et porte en son sein d’autres éléments au bénéfice de tout ce qui existe… Alors pourquoi l’humain devrait-il limiter ce qu’il offre ? Ne pourrait-il pas, en totale dévotion offrir le rayonnement de sa propre nature, de son essence sans pour cela amener et mettre de limitation. Bien sûr, je connais tous les arguments qui pourraient aller à l’encontre de cela. Pourtant, si nous isolons les arguments qui tendent à préserver la personnalité (l’ego) et que nous prenons en compte l’interconnexion qui existe entre toute chose que reste-t-il ?

La dévotion peut s’exprimer à travers le sourire d’un bébé qui offre cette illumination au feu de la Joie de ceux qui en sont les témoins-receveurs.

Cet acte est éphémère mais laisse une trace dans l’éternité. Tout comme un moment partagé en silence dans la douceur d’un temps suspendu partagé après l’Amour. Ou encore dans la présence partagée d’être pleinement et totalement présent sans se rattacher au passé ni se projeter dans l’avenir, sans but, ni intention. Nous nous offrons pleinement à ce qui est. C’est aussi cela être en dévotion.

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