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Être dans l’attente

Dans l’existence, il existe de nombreuses raisons qui nous poussent à être dans l’attente… mais pour combien de temps ? Que se passe-t-il du point de vue alchimique ou dans l’invisible lorsque nous sommes dans l’attente ? Comment en finir ou en sortir ? Quel lien existe-il entre attente et patience ou impatience ? Départ pour un petit voyage au pays du temps et de l’immobilité.

Être dans l’attente, c’est comme être dans une file d’attente ou une salle d’attente

Oui, c’est pareil, en différent.

Excusez-moi, je n’ai pas pu m’empêcher. Quand j’expliquais des choses aux adultes étant enfant, cette phrase revenait toujours. Et, aujourd’hui, j’ai quelques peu cette même position. En effet, je vais vous parler comme une enfant.

Être dans l’attente, intérieurement parlant, c’est comme se confiner dans un espace dédié, spécialement créer pour y être en état d’attente. C’est comme être dans une file d’attente ou une salle d’attente. Quand on est là, c’est qu’on attend. Après, ce qu’on attend, on ne le sait pas bien, en tout cas, pas toujours.

Et, à l’instar de tout autre espace d’attente extérieur, il y a de nombreuses façons d’attendre.

On peut attendre en s’ennuyant, attendre en observant… on peut aussi attendre sans attendre. Oui, en choisissant de s’évader dans notre esprit, de s’occuper à autre chose en se créant de la distraction… ou de méditer, de s’introspecter…

Être dans l’attente avec patience ou impatience ?

Nous pourrions légitimement nous poser cette question, et pourtant, elle n’est peut-être pas si justifiée que cela. Pour que la notion de patience ou d’impatience se pose, il faudrait que nous ayons identifié quelques éléments :

  • Nous sommes en attente de quoi ou de qui ?
  • Y a-t-il un délai imparti connu ou une deadline au-delà de laquelle nous devons cesser d’attendre car le délai est dépassé ?
  • Sommes-nous certain(e)s que cela va advenir ?

Si nous n’avons pas en main ces éléments, nous ne pouvons pas faire preuve de patience mais uniquement d’espoir ou d’espérance. Car rien ni personne ne présage que ce que nous attendons arrivera ou aura bien lieu.

Beaucoup d’humains se méprennent au sujet de l’impatience.

Si je sais que papa va me donner des bonbons si je fais bien mes devoirs, je peux développer de la patience et de la bonne volonté avec confiance.
Mais si je veux des bonbons et que rien n’est établi ni discuté… sur quoi puis-je m’appuyer pour faire preuve de patience ?
Sur rien, car il n’y a rien à part mon envie d’avoir des bonbons. Et au fur et à mesure que le temps s’écoule, ma frustration, de ne pas en avoir, grandit.

Pourtant, un point s’impose. Ne voyant pas les choses se réaliser, mon discernement devrait m’emmener à me poser une question essentielle : Est-ce qu’au moins j’ai exprimé à papa mon envie d’avoir des bonbons ?

Si la réponse est non, je vais probablement pouvoir rester dans l’attente trèèèès longtemps sans aucune garantie de succès. Sauf bien sûr, si nous avons un rituel établit à propos de la distribution de bonbons 😉 Il s’agit alors d’autre chose, d’une autre configuration due à un mode de fonctionnement spécifique entre lui et moi.
Dans ce cas précis, il y a quelque chose d’établit, même si c’est plus ou moins fiable, je peux appuyer ma patience sur cette habitude connue.

Être dans l’attente du point de vue alchimique

Ce qui caractérise au plus haut degré l’alchimiste, c’était la patience. Il ne se laissait jamais rebuter par des insuccès. L’opérateur, qu’une mort prématurée enlevait à ses travaux, laissait souvent en héritage à son fils une expérience commencée et il n’était pas rare de voir celui-ci léguer dans son testament les secrets de l’expérience inachevée.

F. Hoefer 1869

Être dans l’attente, c’est être immobile, la main tendue à attendre qu’on nous donne ce que nous attendons.
A l’instar de la statue qui stagne dans une posture immuable. Certains, à force d’attendre, sont morts et ont fini pas se transformer en pierre.
Il ne faut pas croire que les pierres n’ont pas de vie… mais c’est une vie très lente ou presque rien ne change ou ne bouge.
L’attente est donc un mouvement de quasi-immobilité choisi. C’est une suspension.

L’alchimiste ne considère pas l’attente comme quelque chose de signifiant. Par contre, il prend en considération la paresse, représentée par l’argent (en tant que métal) qui peut se sublimer en réceptivité. La paresse se situe sous l’influence de la Lune. C’est un état d’endormissement, d’apathie, de mort. Car tout ce qui n’est pas en mouvement tend vers la mort. A contrario, ce qui bouge, qui est en mouvement est en vie.

Néanmoins, il faut rester vigilant(e)s car parfois être dans l’attente peut avoir une autre signification ou utilité.

Être dans l’attente pour que la vie puisse faire sont oeuvre.

Ici, il s’agit de tempo (celui de la Nature) et de laisser un cycle se dérouler. L’invitation, alors est de ne pas intervenir si cela risque de court-circuiter ou de porter préjudice à un processus en cours.

Pour imager, je vais prendre un exemple simple. Je souhaite créer un gâteau pour pouvoir partager et offrir un moment de plaisir avec des personnes chères à mon coeur. J’imagine mon gâteau. Je choisis les attributs et caractéristiques que je souhaite pour lui (moelleux, au chocolat, avec des petits cubes de gingembre confit, nappé d’une gelée au citron mentholée ou surmonté d’une fraise…).

Ensuite, il me faut me procurer les meilleurs ingrédients nécessaires pour la réalisation de la recette. Ou, sils ne sont pas disponibles de nous adapter et de les substituer par d’autres. Gardons en mémoire que pour réaliser un oeuvre, il faut composer avec l’imprévisible et le sublimer. Il n’est pas envisageable de stopper notre processus de création au premier pépin. Faisons preuve de créativité smile

Une fois cette étape réalisée, je prends le temps de les accommoder en conscience en y mettant le meilleur de mon coeur. Entre-temps, je préchauffe mon four.
Intérieurement, je prie pour qu’il soit succulent, qu’il ravisse mes convives et réchauffe leur coeur.

Puis, quand le four est à bonne température j’y enfourne ma préparation. A ce moment-là tout le meilleur de ce que je pouvais apporter y est. Et, à partir de là, je suis dans l’attente que le temps de cuisson soit écoulé. Il m’est possible de m’occuper à autre chose : dresser ma table, faire un peu de ménage, méditer…
Mais, si j’ai un problème avec le fait d’être en attente, si je suis fait preuve impatience et que je ne laisse pas le temps faire son oeuvre et que je sors mon gâteau du four avant que le temps de cuisson nécessaire soit totalement écoulé ou que par curiosité, j’ouvre le four avant cela, que va-t-il se passer ?

Mon gâteau va retomber et cirer.

Tout mon projet est donc à l’eau. Mon intention est alors corrompue, sabotée par mon impatience ou ma curiosité. A ce moment-là, peu importe à quel point mon intention était belle, à quel point mon initiative était pure et venait du plus profond de mon coeur, la beauté de mon élan intérieur… En n’ayant pas respecté le tempo de la Vie et de la Nature, j’ai tué mon beau projet.

Ici, il aurait mieux fallu que je reste immobile. Il aurait été bien plus bénéfique de m’asseoir face à mon four et contempler mon oeuvre. L’immobilité et ma capacité à être dans l’attente aurait été une bénédiction pour pouvoir matérialiser et donner vie à mon intention et pouvoir goûter à sa préciosité.

Quand je me mens et qu’en vérité je suis dans la suspension et non dans l’attente

Il est une situation bien plus pernicieuse que les autres en matière d’attente. Je la nomme l’attente suspensive. Cette attente est parfaitement malveillante pour Soi et pour les autres. Elle se met en scène lorsque nous sommes dans une situation complexe dont nous ne souhaitons pas assumer les conséquences. Dans ce contextes, nous cherchons ou plutôt attendons que la Vie puisse amener les contexte nécessaire pour qu’un ou une autre prenne la décision ou fasse un choix à notre place. Cela s’appelle une stratégie de fuite ou d’évitement.

Cette situation d’attente suspensive est très néfaste pour plusieurs raisons :

  • Nous n’affrontons pas la réalité. C’est une fuite.
  • Nous refusons d’user de notre libre-arbitre. De ce fait, nous ne prenons pas responsabilité.
  • Cela fait de nous un passager inactif de la vie.
  • Si personne n’en vient à prendre la décision à notre place, nous pouvons attendre toute notre vie que la suspension s’arrête ou trouve une issue que nous espérons favorable mais que ne le sera peut-être pas
  • Par ailleurs, cela témoigne aussi de notre penchant à donner notre pouvoir à l’autre.
  • Nous nous positionnons comme victime inactive. Ce qui nous fait, dans la plupart des cas, adopter un comportement passif-agressif.
  • Notre position est alors celle d’une victime ayant posé sa tête sur le billot soumise à la bonne volonté du bourreau-tout-puissant. S’il choisit de nous couper la tête, nous serons enfin libéré(e)s de notre position. Mais, s’il ne se décide pas…

Le temps passant, là aussi, notre frustration et notre colère grandit. Nous subissons notre vie en la résumant à une fatalité du destin

Être dans l’attente est donc un avantage et un inconvénient

Comme pour toute autre chose, la mesure est notre meilleure amie. Pour cela, à nous de nous observer en conscience et avec discernement. Si nous parvenons à être honnêtes avec nous-même et à faire preuve de rectitude. Alors, dans cette configuration uniquement, nous serons en mesure de jauger de quelle manière nous sommes dans l’attente et quelle est l’utilité ou le but de cette attente.

Pourquoi elle est là ? Pour quelle raison nous sommes entrain de l’expérimenter ?

Nous pourrons évaluer si elle est juste et utile ou si elle est absurde et/ou dysfonctionnelle. Mais ne nous leurrons pas, même dysfonctionnelle, elle a une utilité.

Ensuite, une fois que nous aurons collecter les éléments, nous pourrons réaliser une ou des introspection(s) et soit poser des choix, des paroles, des actes, soit, si nous ne sommes pas prêt(e)s à passer le seuil du changement (passer à l’action) choisir de nous faire accompagner pour trouver la motivation nécessaire, lever les freins, révéler des difficultés que nous ne parvenons pas à percevoir seul(e)s…etc… ou choisir de ne rien faire et de laisser, le temps, la Vie ou la Nature faire son oeuvre car il n’y a rien d’autre à faire que lâcher-prise dans la foi.

Si vous ressentez que vous avez besoin d’un accompagnement, et si vous souhaitez que je sois votre accompagnante, vous trouverez toute information utile sur cette page

Dans tous les cas, je nous souhaite de réussir prendre responsabilité pour être le maître-créateur de notre vie en reprenant les rênes de notre existence, un peu plus à chaque instant. Ainsi, nous retrouverons la Joie de croquer la Vie à pleines dents.

A bientôt 🍓
Lætitia

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