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Abandonner le déni

Cet article me tient particulièrement à coeur, car je suis certainement une des championnes du monde du déni. Ou, tout au moins, c’était le cas avant.
Honnêtement, aujourd’hui, je n’ai plus besoin de cette stratégie car j’ai choisi d’accepter la Vérité toute crue et toute nue, telle qu’elle est avec courage.

Je vous propose donc d’aborder ce thème du déni en connaissance de cause. Voici donc un témoignage concernant le déni et le fruit d’introspections et prises de conscience.

Ma première conclusion expériencielle est que le déni est une stratégie de fonctionnement qui a pour but de nous protéger, ou tout au moins pour nous préserver… mais de quoi et de qui ? Toute la question est là et la solution pour sortir d’une stratégie consciente ou inconsciente de déni aussi.

Qu’est-ce que le déni ?

Le déni est une notion utilisée en psychanalyse, pour désigner le fait de refuser, de façon inconsciente, une partie ou l’ensemble d’une réalité, qui est perçue comme traumatisante. Le déni peut porter sur : Un sentiment. Une émotion.
Cette définition est, selon moi, plutôt juste mais très très limitée. Il est d’ailleurs à noter qu’elle part du présupposé que cette stratégie est inconsciente. Ce qui à mon sens n’est pas toujours le cas.
De mon point de vue, le déni, répond, à la base, a une demande formulée par le conscient. En tout cas, dans ce que j’ai pu expérimenter pour moi-même, mon conscient fait partie des joueurs de l’intrigue. Mais, évidemment pour que nous puissions jouer le jeu, il fallait que mon conscient fasse semblant de ne pas savoir, de ne rien voir, de ne pas entendre et de ne surtout pas l’avouer.

Voici une autre définition du déni :

Refus d’un droit, d’une chose légalement due.

selon Larousse

Dans cette définition, on trouve cette part de décision consciente qui me semble incontournable dans le processus. La personne sait que la chose existe mais elle ne veut pas en prendre connaissance. Elle s’interdit de la prendre en considération. On sait que cela est dû mais on refuse de l’appliquer/le percevoir dans la réalité.

On joue bel est bien sur nos propres perceptions.

Pour moi, le déni correspond à la stratégie de l’autruche. Il existe quelque chose qu’on ne préfère pas considérer, alors, on se met la tête dans un trou pour ne pas la voir et on essaie de continuer à exister malgré cela. Ou, nous rejouons à l’enfant quand les yeux de la personne sont cachés derrière ses mains on se fait croire qu’elle est cachée ou invisible ou quelle a disparue. Sauf, que le bébé, lui, le croit réellement car ses perceptions sont limitées.

Et bien là c’est pareil en différent, l’adulte limite ses perception pour se faire croire que ça n’existe pas… ça a disparu 😉

A quoi cela sert d’utiliser le déni ?

En utilisant cette stratégie de protection, nous nous offrons la possibilité d’expérimenter ce que nous souhaitons vivre; Même si cette vision de la réalité est alors erronée car distordue ou corrompue. Le déni nous permet de faire exister le monde que nous souhaitons pour nous à travers une illusion. Cela peut ressembler à une forme de bienveillance pour soi-même, mais une bienveillance toxique.
Oui, cela semble parfaitement contradictoire. Mais parfois cette stratégie du déni est nécessaire pour continuer à vivre. Dans le sens où on continue à accueillir la Vie en Soi et on évolue avec elle. Partiellement, mais cela se déroule encore. Nous ne nous laissons pas mourir psychologiquement et comportementalement.

C’est un peu le syndrome de St Thomas qui ne croit que ce qu’il voit. Tant qu’il s’empêche de voir, il s’offre la possibilité de statuer que cela n’existe pas. Et cela peut être confortable.
Mais ce n’est pas parce que l’on ne croit pas en quelque chose que ça n’existe pas !

Pourquoi c’est utile ?

Parfois, nous ne sommes pas prêts à vivre une expérience. Nous avons besoin de plus de temps. Le déni est alors une des meilleures stratégies. Elle offre la possibilité de différer la prise de conscience du problème.

Cela pourra nous protéger temporairement de la dure réalité que nous ne sommes pas prêt(e) à surmonter. Il protège notre intégrité mentale.
Pendant tout ce temps, nous pouvons vivre selon l’histoire que nous souhaitons nous raconter… en nous mentant à nous-même. Notre réalité subjective est alors acceptable même si elle est illusoire.

En quoi est-ce néfaste ?

Une part de nous reste consciente que nous vivons un mensonge. Nous nions la réalité et nous nions une part de nous-même (celle qui sait la vérité). C’est-à-dire que nous créons un dissociation de notre être. Cette stratégie ne peut être que temporaire, car pendant tout ce temps, nous nions une part de nous-même. Nous rejetons notre intégrité. Nous Nous coupons alors de la part la plus sage de nous-même. Il existe un risque, dès lors, de développer des maladies : maladie de peau, dépigmentation, maladie auto-immune, allergie…

Comment sait-on que nous sommes dans le déni ?

Il est parfois bien complexe de s’en rendre compte. Et pour cause, nous pouvons avoir enfouit la vérité si profondément que nous oublions ce que nous avions fait semblant d’oublier. Comme un alcoolique qui boit pour oublier, au départ. Et qui finit par oublier pourquoi il boit, mais continue de boire toujours plus… il s’est perdu ou plutôt, il s’est oublié.

Pour essayer de trouver la sortie, cherchons à identifier des indices. Pour cela, j’ai observé, en introspection, ce qui s’est joué lors de ma dernière période de déni, qui a duré environ deux/trois mois. En revivant le film, j’ai identifié plusieurs mécanismes :

1- Ne pas vouloir ni voir ni entendre…

pour faire semblant de ne pas comprendre ce qui se joue. Et pour éviter de percevoir tout ce qui allait dans le sens contraire de ce que je tenais à nier. J’occultais tout ce qui allait à l’encontre de ce que je voulais croire.

2- Etre poursuivi par un remous intérieur constant inexplicable.

Je me sentais distordue comme un chiffon qu’on chercherait à essorer. Et en même temps, il me semblait avoir perdu une part de mon moi. Cela, agrémenté de boucles mentales récurrentes, pesantes, usantes, envahissantes, récurrentes. Ce remous était couplé avec une forme d’inconfort non-identifiable.

3- Déployer toutes les capacités et stratégies possibles ainsi que l’ensemble des ressources disponibles pour ne pas être confrontée à la Vérité.

Générant en moi-même un état d’auto-hypnose ou plutôt de transe que j’auto-alimentais. En me mentant à moi à moi-même surtout et aux autres pour valider que ma vérité subjective existait.

4- Répéter sans cesse à qui veut bien l’entendre l’histoire qu’on souhaite se raconter pour se convaincre de sa véracité.

Le but étant de pouvoir avoir un retour du monde extérieur allant dans le sens de cette histoire. Cela permettait de la rendre plus vraie et m’offrait un retour, un reflet de ma vérité. J’avais besoin qu’existe, d’une manière ou d’une autre à l’extérieur, ce que je voulais vivre à l’intérieur. Cela m’apportait une sorte de validation du monde extérieur. Puisque les autres adhèrent à mon histoire, cela la renforce et la rend plus vrai. Je peux donc y croire encore davantage.
Comme dans mon système une personne me mentait, d’autres me mentaient par omission ou occultaient également une part de ce qu’elles savaient… car elles savaient qu’il mentait et je faisais semblant de croire à son mensonge car cela renforçait l’histoire que je voulais me raconter. J’avais par ailleurs, forcé mon amie voyante (elle représentait le principal risque d’échec de ma stratégie) à se tenir au silence… Je lui avais explicitement dis et demander de ne pas me parler de cela prétextant que je ne voulais pas savoir et que j’avais juste besoin qu’elle m’écoute. Par amitié pour moi, elle s’y tenait. Mon système fonctionnait alors parfaitement.

5- Créer facteurs de distortions.

Pour contre-carrer tout risque de canalisation contraire (oui, je ressens et j’ai accès à beaucoup de choses de l’invisible), j’ai créé de la distorsion en fatiguant mon corps (excès d’activité, alimentation quasi inexistante…) et en brouillant mon esprit (manque de sommeil, alcool, pas de méditation…). Or, je voyais factuellement ces éléments et comportement avoir une incidence dans ma vie. Tous les travailleurs de lumière le savent. Si nous n’avons pas une hygiène de vie irréprochable, nous nous assombrissons. La lumière ne passe donc plus à travers nous. Je suis donc particulièrement attentive à ces éléments au quotidien.

Par ailleurs, il m’était, alors, impossible de méditer. Il y avait trop de forces internes opposées. Je vous rappelle que le mobilisais toutes mes forces et ma volonté à éviter de percevoir la vérité. Il est alors normal de ne pouvoir entrer en état méditatif. Si j’avais pu ou plutôt si je m’étais autorisée à méditer, j’aurais vu la Vérité comme le nez au milieu de la figure !

J’observais donc les éléments opacifiant prendre une place dans mon quotidien…

selon ma volonté, ne l’oublions pas ! Puis, je les niais prétextant des raisons qui pouvaient m’apporter des circonstances atténuantes du genre “non mais c’est à cause d’un tel” ou “oui ok, j’ai trop bu, mais bon, je fêtais mon anniversaire ! J’ai quant même le droit de me relâcher de temps en temps !” “J’ai pas eu le temps” J’avais la tête ailleurs…” Bref, j’en ai plein les tiroirs des excuses en bois et des botter en touche !

Tout cela me permettait pragmatiquement de douter de mes ressentis (dont je me coupais petit à petit en me coupant aussi de mon corps), intuitions, visions… Et entamait suffisamment ma confiance en ces dernières pour pouvoir me conforter dans la version de la réalité qui me convenait (jusque-là). Cela s’était accompagné d’informations, d’images, d’idées, de pensées contradictoires que j’émettais moi-même. Elles émanaient de moi. Mais, pour autant, je niais tout ce qui allait dans le sens contraire de ce que je voulais croire comme étant des idées… insignifiantes… et donc produites par une illusion. Et mon inconscient m’aidait à valider tout cela. Hé oui ! Notre inconscient est un filtre qui ne laisse monter à notre conscient que ce qui correspond à ce que nous vouloir percevoir. Il est à la fois notre pire ami et notre meilleur ennemi. Il conforte toujours l’histoire que nous souhaitons nous raconter… donc notre vérité illusoire.

Comment en sortir ?

La première question à se poser est : quel est le but de ce déni ? Pour quelle raison ai-je besoin de temps ? Car, il ne faut pas se leurrer, la stratégie ne peut-être que temporaire, sinon, nous finirons par tomber gravement malade.

Il s’agit dans la majorité des cas d’un processus de deuil à accomplir. La vérité est trop dure à accepter. Le caractère soudain des choses en rend l’intégration impossible.
Peut-être voulons-nous laisser passer du temps pour permettre à un autre acteur de la situation d’avoir l’occasion de rectifier le tir…

Ce qui va nous aider à sortir du déni, ce sera un déclic.

A un moment donné, nous sentirons que nous sommes prêt(e) à accepter.
Ou, peut-être que c’est à l’occasion d’un hasard de la vie qui nous éclairera.
Ou, encore un de nos proches aura le courage de nous faire sortir de notre transe (générées par des boucles mentales récurrentes) avec des paroles ou actions “choc . Pensez, lorsque nous en serons prêt(e) ou capable, à remercier ce généreux téméraire pour le cadeau qu’il nous fait car il faut véritablement du courage pour cela. C’est un véritable acte d’amour dont la valeur est inestimable.
Au départ, nous serons certainement en colère contre ce défenseur de la vérité. Mais, prenons en considération que la facilité aurait été de se taire.
Souvenons-nous, c’est une véritable preuve d’amour et de bienveillance.
En dernier ressort, la maladie, la dépression ou le burn-out, pourra nous y aider lorsqu’un accompagnant, un coach, un thérapeute ou un médecin nous en parlera comme clé de guérison.

Comment savoir que nous en sommes sorti(e) ?

Une fois sorti(e) du déni, nous le saurons. Plus aucun doute ne perdurera. Nous nous sentirons délesté d’un tel poids que nous aurons l’impression de reVivre, de renaître, de grandir et de nous alléger,… tout cela, en même temps !

Nous serons, contre toute attente vraiment heureux/se de nous débarrasser de nos illusions. Nous serons à nouveau libre de vivre avec légèreté. Mais soyons vigilant(e)s à ne pas laisser le mental nous replonger dans la réminiscence de notre déni par sa résistance caractéristique au changement. Cela demande conviction, force et constance alors ne relâchons pas la vigilance trop rapidement et prenons soin de nous reposer, nous ressourcer suffisamment pour mettre les meilleurs conditions de notre coté. Il suffit souvent de respirer et prendre des pauses au soleil smile

Sortir du déni durablement et un passage qui peut sembler rude, mais la récompense est belle. 🌸 ✨

Merci d’avoir lu cet article.

Soyez libre de partager un message, une expérience, poser une question,… ou partager cet article.
Si vous le souhaitez, vous pouvez aussi demander un accompagnement au cabinet ou à distance. Renseignements ici

Je vous souhaite une belle et lumineuse semaine.
Bien à vous,
Lætitia TRILLEAU

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