Abandonner le déni

Cet article me tient particulièrement à coeur, car je suis certainement une des championnes du monde du déni. Je vais donc vous parler en connaissance de cause.

Le déni est une stratégie de fonctionnement qui a pour but de nous protéger ou tout au moins pour nous préserver; mais de quoi et de qui ?

Qu’est-ce que le déni ?

Le déni est une notion utilisée en psychanalyse, pour désigner le fait de refuser, de façon inconsciente, une partie ou l’ensemble d’une réalité, qui est perçue comme traumatisante. Le déni peut porter sur : Un sentiment. Une émotion.
Cette définition est, selon moi, plutôt juste. Sauf qu’elle part du présupposé que cette stratégie est inconsciente.
De mon point de vue, le déni, répond, à la base, a une demande formulée par le conscient. En tout cas, dans ce que j’ai pu expérimenté pour moi-même, mon conscient fait partie des joueurs de l’intrigue.
Voici une autre définition :

Refus d’un droit, d’une chose légalement due.

selon Larousse

Dans cette définition, on trouve cette part de décision consciente qui me semble incontournable dans le processus. La personne sait que la chose existe mais elle ne veut pas en prendre connaissance. On sait que cela est dû mais on refuse de l’appliquer/le percevoir dans la réalité.

On joue bel est bien sur nos propres perceptions.

Pour moi, le déni correspond à la stratégie de l’autruche. Il existe quelque chose qu’on ne préfère pas considérer, alors, on se met la tête dans un trou pour ne pas la voir et on essaie de continuer à exister malgré cela.

A quoi cela sert d’utiliser le déni ?

En utilisant cette stratégie de protection, vous vous permettez d’expérimenter ce que vous souhaitez vivre, même si votre vision de la réalité en est distordue. Le déni vous permet de faire exister le monde que vous souhaitez pour vous à travers une illusion. Cela peut ressembler à une forme de bienveillance pour soi-même, mais une bienveillance toxique.
Oui, cela semble parfaitement contradictoire.

C’est un peu le syndrome de St Thomas qui ne croit que ce qu’il voit. Tant qu’il s’empêche de voir, il s’offre la possibilité de statuer que cela n’existe pas. Et cela peut être confortable.
Mais ce n’est pas parce que l’on ne croit pas en quelque chose que ça n’existe pas !

Pourquoi c’est utile ?

Parfois, nous ne sommes pas prêts à vivre une expérience. Nous avons besoin de plus de temps. Le déni est alors une des meilleures stratégies offrant la possibilité de différer la prise de conscience du problème.

Cela pourra vous protéger temporairement de la dure réalité que vous n’êtes pas prêt(e) à surmonter. Il protège votre intégrité mentale.
Pendant tout ce temps, vous pouvez vivre selon l’histoire que vous souhaitez vous raconter… en vous mentant à vous-même.

En quoi est-ce néfaste ?

Une part de vous reste consciente que vous vivez un mensonge. Vous niez la réalité et vous niez une part de vous (celle qui sait la vérité). Cette stratégie ne peut être que temporaire, mais pendant tout ce temps, vous niez une part de vous. Vous vous coupez alors de la part la plus sage de vous-même. Vous risquez, dès lors, de développer des maladies : maladie de peau, dépigmentation, maladie auto-immune, allergie…

Comment sait-on que nous sommes dans le déni ?

Il est parfois bien complexe de s’en rendre compte. Pour essayer d’en poser les indices, j’ai observé ce qui s’est joué lors de ma dernière période de déni, qui a duré environ deux mois. J’ai identifié plusieurs mécanismes :

1- Ne pas vouloir ni voir ni entendre…

tout ce qui allait dans le sens contraire de ce que je tenais à nier. J’occultais tout ce qui allait à l’encontre de ce que je voulais croire.

2- Etre poursuivi par un remous intérieur constant inexplicable.

Je me sentais distordue comme un chiffon qu’on chercherait à essorer. Et en même temps, il me semblait avoir perdu une part de mon moi. Cela, agrémenté de boucles mentales récurrentes, pesantes, usantes, envahissantes, récurrentes. Ce remous était couplé avec une forme d’inconfort non-identifiable.

3- Déployer toutes les capacités et stratégies possibles ainsi que l’ensemble des ressources disponibles pour ne pas être confrontée à la Vérité.

Générant en moi-même un état d’auto-hypnose que j’auto-alimentais.

4- Répéter sans cesse à qui voulait l’entendre l’histoire qu’on souhaite se raconter pour se convaincre de sa véracité.

Le but étant de pouvoir avoir un retour du monde extérieur allant dans le sens de cette histoire. Cela permettait de la rendre plus vraie. Cela m’offrait un retour, un reflet de ma vérité. J’avais besoin qu’existe, d’une manière ou d’une autre à l’extérieur, ce que je voulais vivre à l’intérieur. Cela m’apportait une sorte de validation du monde extérieur. Comme dans mon système une personne me mentait, d’autres me mentaient par omission ou occultaient également une part de ce qu’elles savaient… J’avais par ailleurs, forcé mon amie voyante (principal risque d’échec de ma stratégie) à se tenir au silence… mon système fonctionnait alors parfaitement.

5- Créer facteurs de distortions.

Pour contre-carrer tout risque de canalisation contraire, j’ai créé de la distorsion en fatiguant mon corps (excès d’activité, alimentation quasi inexistante…) et en brouillant mon esprit (manque de sommeil, alcool,…). Tout cela me permettant pragmatiquement de douter de mes intuitions, visions… et d’entamer suffisamment ma confiance en celles-ci pour pouvoir me conforter dans la version de la réalité qui me convenait (jusque-là). Cela s’était accompagné d’informations, d’images, d’idées, de pensées contradictoires. Mais, pour autant, je niais tout ce qui allait dans le sens contraire de ce que je voulais croire comme étant des idées… insignifiantes… et donc produites par une illusion.
Par ailleurs, il m’était, alors, juste impossible de méditer alors que c’est une de mes pratiques courantes.

Comment en sortir ?

La première question à se poser est : quel est le but de ce déni ? Pour quelle raison ai-je besoin de temps ? Car, il ne faut pas se leurrer, la stratégie ne peut-être que temporaire, sinon, vous tomberez gravement malade.

Il s’agit dans la majorité des cas d’un processus de deuil à accomplir. La vérité est trop dure à accepter. Le caractère soudain des choses en rend l’intégration impossible.
Peut-être voulez-vous laisser une à un autre acteur de la situation de rectifier le tir…

Ce qui va vous aider à sortir du déni, ce sera un déclic.
A un moment donné, vous sentirez que vous êtes prêt(e) à accepter.
Ou, peut-être que c’est à l’occasion d’un hasard de la vie qui vous éclairera.
Ou, encore un de vos proches qui aura le courage de vous faire sortir de votre transe avec des paroles ou actions choc (pensez à remercier ce généreux téméraire pour le cadeau qu’il vous fait car il faut du courage pour cela. Au départ, vous serez certainement en colère contre ce défenseur de la vérité. Mais, prenez en considération que la facilité aurait été de se taire. C’est une véritable preuve d’amour et de bienveillance.)
En dernier ressort, la maladie, la dépression ou le burn-out, pourra vous y aider lorsqu’un thérapeute vous en parlera comme clé de guérison.

Comment savoir qu’on en est sorti ?

Une fois sorti(e) du déni, vous le saurez. Plus aucun doute ne perdurera. Vous vous sentirez délesté d’un tel poids que vous aurez l’impression de reVivre, de renaître, de grandir et de vous alléger,… tout cela, en même temps !

Vous serez, contre toute attente vraiment heureux/se de vous débarrasser de vos illusions. Vous serez à nouveau libre de vivre avec légèreté.

Le passage peut sembler rude, mais la récompense est belle.

 

Merci d’avoir lu cet article. Soyez libre de partager un message, une expérience, poser une question,… ou partager cet article.

Je vous souhaite une belle et lumineuse semaine.

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