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Moi, je suis un être très spirituel ! mais les autres ne le voient pas…

Aujourd’hui, j’aimerais aborder la notion d’être spirituel ou de ne pas être spirituel.

D’avance, je tiens à m’excuser auprès de celles et ceux qui n’aimeront pas cet article, car oui, il risque de faire grincer quelques dents et gronder les egos.

Voici un petit moment déjà, il y a deux ans, en vérité, que je m’interroge sur cette phrase que mes confrères et moi même entendons régulièrement.

« Je viens vous voir, parce que moi, je suis spirituel (le) et… »

Sauf que, je ne sais pas ce que cela signifie pour mes collègue, enfin, si, en vérité, je sais pour quelques-uns d’entre eux avec qui j’ai l’avantage d’échanger en toute transparence et honnêteté. 

C’est quoi être spirituel ?

Alors, certes, en vérité, je comprends que ce que la personne souhaite me signifier c’est qu’elle a un intérêt particulier pour la spiritualité. Mais d’ailleurs, qu’est-ce que la spiritualité selon elle ? Et, au-delà de cela, comment pourrions-nous nous figurer ou définir ce qu’est être spirituel /le ?

J’ai donc choisi de laisser vaquer cette question sans y mettre d’importance. Elle revenait parfois, soit spontanément, soit parce qu’une personne m’offrait un nouveau « vous savez, je suis très spirituelle ! ». Jusqu’au moment où, assise à une table de restaurant par une douce journée, un confrère qui partageait mon temps de déjeuner me lâche un :

– Je ne sais pas toi, mais j’en peux plus des gens qui viennent me dire : « Oui mais moi, je suis très spirituelle ! »- me dit-il en singeant la personne qui semblait être une dame
J’entends ça tout le temps ! Ca en devient insupportable surtout qu’en plus les personnes en question ont une idée plutôt discutable de ce qu’est la spiritualité !

Je lui réponds alors, qu’en général, ça me fait sourire, parce que je comprends la motivation de la personne à exprimer son intérêt. Puis, sur ce, nous continuons à partager avec humour, bonne humeur et compassion, nos expérience respectives.

Je suis spirituel /le… certes, mais nous le sommes tous, spirituels.

Nous sommes, par définition, des êtres divins c’est-à-dire, par définition, spirituels, venus faire une expérience humaine. Ainsi, il est autant absurde de revendiquer être spirituel /le que de se targuer d’être humain /e ou vivant /e…

Même si, cela pourrait avoir du sens. Dans le cadre ou le contexte où j’annonce que « Je suis humain/ e » en opposition à « je suis angélique » par exemple. Parce que c’est pareil, être humain n’excuse pas toutes nos faiblesses. Il n’y a que la partie inférieure de l’humain qui pourrait demander de l’indulgence. La partie supérieure de l’humain, elle, tend à être divine…

« Je suis vivant/ e », ce pourrait-être en opposition à « je suis mort/ e ». Mais c’est pareil, c’est quoi être vivant/ e ? Parce que certains pensent être vivants parce qu’ils existent. Pourtant, la plupart ne vivent pas, ils existent ou survivent (cf. l’article : Ralentir pour vivre plutôt que survivre).

Les soufis disent :

« Il faut mourir pour pouvoir naître« 

On vit lorsqu’on est mort à l’ego et que nous avons expérimenté la seconde naissance. D’autres ne vivront qu’une fois qu’ils seront morts dans cette existence et lorsqu’il se réveilleront de l’autre coté du voile pour faire le point sur ce qu’ils ont apporté à l’humanité. C’est alors le poids de leur coeur qui déterminera comment ils vivront dans l’autre monde et ce à quoi ils pourront prétendre pour leur vie future.

Bref, du coup, je ne sais toujours pas ce que cela veut dire être spirituel ou spirituelle.

J’ai cherché les mentions être spirituel dans les livres sacrés

Dans la Bhagavad-Gita, je n’ai rien trouvé. Alors, il y a bien une mention qui s’en rapproche dans l’introduction. Il y est indiqué que : après la mort (physique de l’humain) celui-ci entrera inévitablement dans l’atmosphère spirituelle ; C’est-à-dire dans la dimension qui se trouve de l’autre côté du voile. Sinon, la seule mention approchante est celle des « spiritualistes » en opposition aux « yogis » ou encore la mention ci-dessous.

De tous les yogis, ou spiritualistes, celui qui pense toujours à Moi intérieurement est le plus grand.

– Bhagavad-Gita (VI. Verset 47)

Le Moi, ici se rapporte à Krisna = le Seigneur.

Dans ce chapitre dédié au parfait renoncement (renoncement à l’ego), il est discuté la nécessité du service de dévotion pure, le savoir, le renoncement, et les actes qui tous doivent être offerts à Dieu. Pour cela, il est nécessaire d’être le serviteur ou la servante de tout être humain qui est une parcelle de Dieu. Tout but existentiel étant de s’élever vers Dieu en renonçant aux 3 gunas (les 3 plus grands péchés) : l’ignorance, la passion et la vertu.

Le Seigneur Bienheureux dit :

Abandonner les fruits de tout acte, voilà ce qu’entendent les sages par ce mot, « renoncement ». Et ce que les grands érudits nomment « sannyasa », c’est l’état même de l’homme qui pratique ce renoncement.

– Bhagavad-Gita (XVIII. verset2)

Et, enfin j’ai trouvé !

Etre spirituel, c’est atteindre le niveau du Brahman = la perfection suprême.

Oui, oui, rien que ça. Pour rappel Brahma est Dieu

Tout entier purifié par l’intelligence, maîtrisant le mental avec détermination, renonçant aux objets qui font le plaisir des sens, affranchi et de l’attachement et de l’aversion, l’homme qui vit en un lieu retiré, qui mange peu et maitrise le corps et la langue, qui toujours demeure en contemplation, détaché, sans faux ego, sans vaine puissance ou vaine gloire, sans convoitise ni colère, qui se ferme aux choses matérielles, libre de tout sentiment de possession, serein, – cet homme se trouve certes élevé au niveau de la réalisation spirituelle.

Celui qui atteint le niveau spirituel réalise du même coup le Brahman Suprême, et y trouve une joie infinie. Jamais il ne s’afflige, jamais il n’aspire à quoi que ce soit; il se montre égal envers tous les êtres. Celui-là obtient alors de Me servir avec un amour et une dévotion purs.

– Bhagavad-Gita (XVIII verset 53 et 54

A la lecture de ces versets, il semble clair qu’un être spirituel réalisé ne viendrait probablement pas me visiter pour un accompagnement, une consultation ou même en guidance ou même pour un enseignement spirituel à moins d’avoir quelque chose à m’enseigner parce que je suis loin d’être cet être spirituel réalisé sur plusieurs points !

Que disent les soufis de l’homme ou l’ être spirituel ?

Méfie-toi de celui qui prétend avoir un état spirituel sans que son existence n’en porte témoignage extérieurement. (32)

N’imitez pas extérieurement les soufis avant d’avoir mis en pratique les règles de la voie et réalisé les états spirituels ; sinon, cela vous barrera la route (34)

Celui dont les prétentions spirituelles sont infondées ne se réfère qu’à lui-même. (37)

– Sagesse céleste – Traité de Soufisme

On y trouve au-delà de cela que la notion de « stations spirituelles« . Plus un humain s’approche du Seigneur ou de Dieu, plus il est reconnu comme se situant à une station spirituelle élevée. On mentionne des états spirituels, mais, l’être n’est jamais identifié comme étant spirituel ou pas.

L’être qui se déclare spirituel avoue généralement n’avoir jamais étudié un livre sacré.

Ce qui est marquant alors, c’est que les personnes qui sont venues à moi en revendiquant être très spirituelles avaient un point commun : elles ne sont pas chrétiennes (cela inclus les catholiques, les musulmans, les juifs, les soufis…etc..) et ne suivent aucun courant religieux. Attention, je ne dis pas que cela et bien ou mal. Chacun est libre de ses croyances et convictions. Néanmoins, leur fermeture vis-à-vis des textes sacrés m’a incitée à ne pas en faire mention. Alors même que ces livres recèlent d’une haute sagesse ! C’est personnes privilégient des videos youtube, des écrits et conférences de personnes connues ou à fortes notoriété. Or, lorsqu’on est en mesure de jauger avec discernement la qualité de ce qui est re-transmis… cela, laisse en général à désirer puisque nous rentrons alors en plein dans la fausse spiritualité, le développement personnel et le New Age. Qui, je tiens à le rappeler ne sont pas issus de la véritable spiritualité (cf. Divulgation spirituelle et fausse spiritualité).

Et si nous nous rapprochions de nos origines pour déterminer ce qu’est un être spirituel ?

Après réflexion, il m’a semblé juste de me référer à des écrits plus proches de nous que d’écrits hindous ou soufis. N’oublions pas que nous sommes en France, dans un pays dont l’origine culturelle est judéo-chrétienne. Le livre sacré de référence le plus approprié est donc la Bible.

Munies de ma Bible, je suis donc partie en quête de l’être spirituel selon la Bible. Il n’y est jamais fait mention « d’être spirituel ». Néanmoins, il y est fait plusieurs fois mention du caractère spirituel des apôtres. Il est dit que ce caractère spirituel leur confère des obligations de bonté, de dévotion, de tolérance...

Découvrons les mentions du caractère spirituel de l’être dans la bible

Mais l’homme animal ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. 15
L’homme spirituel, au contraire, juge de tout*, et il n’est lui-même jugé par personne. 16

– 1 Corinthiens (2; 15-16)

*dans le sens de : d’évaluation liée à l’entendement éclairé. C’est-à-dire qu’il est en mesure de discerner toutes choses avec sagesse et clarté.

Il est aussi mentionné ceci : 

1 Frères, je ne veux pas que vous ignoriez que nos pères ont tous été sous la nuée, qu’ils ont tous passé au travers de la mer**,
2 qu’ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer,
3 qu’ils ont tous mangé le même aliment spirituel,
4 et qu’ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ.

– 1 Corinthiens (10; 1-4)

**D’un point de vue symbolique, ici la mer a un double sens. Il y a la mer faite d’eau que le peuple d’Israël a traversée mené par Moïse. Et, il y a l’autre mer. La mer des eaux sombres et tumultueuses. La dangereuse mer qu’est le monde astral. La mer constituée des ténèbres, des émanations, des esprits et des formes pensées.
Cette mer de la 4D où nombreux sont ceux qui se perdent pour le reste de leur Vie et s’y noient progressivement devenant un pantin qui croit avoir du pouvoir mais qui en réalité n’est qu’une nourriture (cf. quintessence terre) sur pattes manipulée par d’autres entités plus malicieuses que lui qui se jouent de lui. 

Être spirituel dans la Bible c’est avoir trouvé et nourrit le Christ en Soi

Dans la Bible, tout ce qui est mentionné comme étant « spirituel » est le Christ. Mais, il faut entendre le Christ non pas comme une personne mais comme une part existante en chacun de nous. Le Christ étant la partie divine de nous. La part de Dieu incarnée en nous. La parcelle de Dieu qui s’est fait chair et que nous nourrissons plus ou moins au quotidien par nos conduites vertueuses, charitables… bref tout ce qui émane en résonance de la qualité vibrale de notre coeur.

Alors, quel rapport entre le Christ et une personne agnostique qui se dit spirituelle ?

Je ne vous donnerai pas la réponse. Même si elle est clairement suggérée 😉 Je vous laisse réaliser une introspection pour obtenir la vôtre par le biais de votre discernement.

L’être spirituel est-il tout simplement un être qui suit la voie de la spiritualité laïque ?

Après tout cela, j’ai eu une révélation. En fait, il s’agit de New Age. Cette autre manière de suivre le Spiritus Mundi que recherchent trop d’alchimistes et autres magiciens. Or, comme la Vie est étonnante et pleine de hasards (lol), je suis tombée sur ce texte qui révèle un autre angle de lecture de la génèse :

1- Genese

Joyeux, « Les fils du Ciel » parcouraient le jardin du Père qui est l’Univers « manifesté », lorsqu’une de leurs belles compagnes, apercevant un point sombre, voulut voir !
Elle descendit dans la zone qui délimite le Réel de l’Iréel et vit alors des « ombres » qui s’agitaient en sens « inverse ». Elle eut la curiosité de les appeler, alors une voix s’élevant du Gouffre lui dit : 

« Sustente-toi du fruit de l’arbre qui croit par la vertu du Serpent (Spiritus Mundi), sa saveur te donnera le pouvoir de descendre dans le lieu que tu aperçois et en te procurant la connaissance de cette partie de la création, te confèrera le pouvoir de régner, aussi bien dans l’intérieur (enfer et ciel); déesse alors tu seras, car tu connaitras tout et règneras sur ce monde. »

La femme se laissa tenter, et la partie volitive de son être descendit dans le « pays des ombres », sur lesquelles régnait le Tentateur. L’homme suivit sa compagne, et une partie de la Création fut entrainée dans la chute.

Dieu le Père, dans son infinie bonté, envoya un rayon de son Coeur pour racheter au Prince de ce monde et faire remonter à Lui cette partie de la Création, qui du Réel était tombée dans le royaume de l’Illusion.

– Maître Philippe de Lyon – Notes de Mystique Pratique – Tome II
rapportées dans Lueurs spirituelles de Jules-Antoine Ravier

Vous pouvez aussi lire l’article : Offrir une nouvelle vision du péché originel dans le jardin d’Eden

L’être spirituel se définit par la qualité de son coeur vibral

Après ce détour, et ayant laissé passer du temps. Il semble clair que la seule chose qui définit un être comme incarnant sa part spirituelle est la qualité de la vibration qui est émise par son coeur vibral, sa sagesse, sa bonté charitable, son discernement et la maigre manifestation de son ego transmuté en une rectitude inébranlable. Cet être est un roc. Il a construit sa demeure sur le roc. C’est-à-dire qu’il a dépasser la dimension de la matière, de l’ethérique, de l’astral et du mental. Et, cela, je vous garantis que ce n’est pas chose facile. Cela demande beaucoup; beaucoup de sagesse, d’engagement de discernement, d’ouverture du coeur… Pour y arriver, notre corps de lumière doit avoir été nourrit et consolidé. Il est nécessaire de s’être éloigné(e) de l’éphémère, de la matière pour se focaliser sur ce qui est éternel.

Être spirituel en Bref.

Ce qui est certain, c’est que cet être spirituel manifesté incarne sa part spirituelle. Il est peut probable qu’il s’entende verbaliser une phrase telle que : « Moi, je suis très spirituel/ le » 

1- Parce que cet être n’a pas besoin de reconnaissance. Il est qui il est et cela lui suffit.

2- Car il n’est pas dans la séparation ni dans la comparaison. « Je suis très spirituel /le » laisse entendre que d’autres le sont moins ou pas.

3- La seule chose qui lui importe est d’être dans son coeur, en lien et en harmonie avec le tout, de chercher toujours davantage à vivre dans l’Unité. Alors, cette part spirituelle, il ne la revendique pas, il l’incarne.

amour chakras

Être spirituel, c’est aussi être bienveillant, mais avec justesse

Par conséquent, soyons bienveillants avec nous-même et cessons de dire que nous sommes spirituels ou pas et que d’autres le sont ou pas. Témoignons plutôt de notre engagement à ouvrir notre coeur ou à vibrer l’amour véritable. 

Cet article peut, peut-être, sembler un peu rude. Si c’est ainsi que vous l’avez vécu, je vous prie de m’en excuser.
Son seul but est de nous titiller pour mobiliser notre propre discernement afin de nous inviter à l’aiguiser en sortant de notre ego.
Pour rappel : Je voulais simplement te dire que je t’aime

Puisse notre coeur être chaque jour plus léger et lumineux.

Lætitia

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